Responsable national de l’association Pour la République Sociale, fondée par Jean-Luc Mélenchon, et président cette association au niveau de la Seine-Saint-Denis, je n’ai jamais caché mes interrogations sur l’état de la gauche depuis plusieurs années, ni ma préoccupation pour une nécessaire recomposition. Au sein du Parti Socialiste tout comme dans le débat public de la gauche, j’exprime cette sensibilité chaque fois que cela est possible.

Quelques semaines après la défaite de l’élection présidentielle, il semble que cette réflexion s’élargisse. Au Parti Communiste Français, au Parti Socialiste, et dans d’autres organisations, la question d’une force nouvelle à gauche se pose de plus en plus.



Le débat du congrès du PCF commence...


Ainsi, du côté du PCF, j’ai eu il y a quelques jours la confirmation de cet état d’esprit en lisant par exemple le blog de Marie-Pierre Vieu, dirigeante du PCF, qui écrivait notamment :

« […] Oui je partage le constat que dresse Jean Luc MELENCHON dans l’Humanité du 9 mai, « l’autre gauche » est déjà mise au défi. […] Mais avant de le faire, je voudrais ajouter que si je mets aujourd’hui à écrire, c’est d’abord par désir d’un avenir pour nos combats et nos idées. Face à la mort déjà consommée du PCF - en tout cas si l’on en croit la presse - il est important de prendre la parole, exposer nos idées, les confronter. Ce qu’il adviendra d’un parti Communiste et d’une force communiste ici en France est intimement lié au devenir d’une gauche d’alternative : c’est pourquoi nous devons moins que jamais nous refermer sur nous même ou jouer la carte d’un immobilisme qui nous serait mortifère. Je considère pour ma part que c’est le risque majeur auquel il nous faudra échapper lors de notre congrès exceptionnel de fin 2007.

Je reste pour l’heure convaincue que notre pays a encore besoin d’un Parti Communiste et de communisme- même si l’un et l’autre doivent beaucoup plus évoluer qu’ils ne l’ont fait jusqu’à maintenant pour être porteurs de sens et de cohérence dans la société d’aujourd’hui. Mais je suis tout aussi convaincue qu’il nous faudra les mettre au service d’un renouveau de la gauche qui à moyen terme nous demandera sûrement de faire des choix structurels et peut-être - mais est ce vraiment une question taboue au PCF ? - de mourir pour mieux renaître. Il est donc essentiel que nous participions à la recomposition de la gauche et non la subissions, parce que c’est sur ce terrain aussi que va se jouer la persistance et le développement d’un courant révolutionnaire en France et en Europe. »

Dans des styles différents, on apprenait récemment dans Libération que d’autres dirigeants du PCF comme Olivier Dartignolles ou Patrice Bessac poussaient eux aussi dans le sens d’une réflexion à faire mûrir dans les prochains mois, dans la perspective du congrès du Parti Communiste prévu à la fin de l’année 2007.

Parmi les dirigeants du Parti Socialiste aussi…

Les choses commencent à prendre sérieusement forme avec l’annonce, lundi 4 juin, de la création du rassemblement « Gauche Avenir » destiné à « redéfinir » les valeurs de la gauche,  auquel participent des personnalités du PS dont Paul Quilès, Marie-Noëlle Lienemann, André Laignel, et du PCF dont l’eurodéputé Francis Wurtz ainsi que des intellectuels et associatifs.

Voici quelques extraits de l’Appel que je viens de signer sur le Site de Gauche Avenir.

« Face à une droite décomplexée, la gauche est aujourd’hui désorientée, écartelée et sans véritable repère unifiant. Elle a le devoir de redéfinir des valeurs claires et mobilisatrices ainsi que des objectifs simples. Il s’agit d’un préalable à toute refondation, rénovation ou rassemblement (…)

En créant Gauche Avenir, nous voulons contribuer, en dehors des partis, de leurs enjeux de pouvoir et des rivalités de personnes, à cette redéfinition. [Des débats] ont commencé à s’engager dans de multiples lieux : associations, clubs, partis, milieux universitaires.. ; Gauche Avenir se propose d’être un lieu d’engagement individuel mais aussi un carrefour de ces différentes initiatives ».

Tout cela va donc dans le bon sens… Une fois de plus, j’invite mes lecteurs à lire de près la résolution du dernier conseil national de PRS, qui me semble poser un cadre de réflexion utile pour cette recomposition politique de la gauche.

 

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