Drôle d’ambiance, hier soir vers 21h30, dans la salle des fêtes de la mairie de Montreuil. Première remarque : beaucoup de monde. Beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais, considérant les conditions du 2ème tour dans la 7ème circonscription du 93 (la droite éliminée dès le 1er tour, la gauche s’était réunie pour confirmer cette victoire au 2ème tour et il n’y avait plus qu’un bulletin sur les tables de vote…).

 

En dépit de la victoire assurée localement, pas moins de 200 militants de gauche (PCF, PS, Verts notamment) avaient quand même fait l’effort de venir pour vivre ensemble la soirée électorale, se féliciter de la victoire à Montreuil, s’informer sur la situation nationale, se préparer très vite à repartir au combat. C’est très encourageant.

 

J’ai passé une bonne partie de ma soirée à répondre aux interrogations de ces militants réunis hier soir qui avaient eu connaissance des événements survenus depuis lundi 11 juin au sein du PS local, et notamment les tergiversations des ex-candidats PS sur le désistement. L’un après l’autre, ils ont tenu à me signifier comment ils appréciaient mon engagement pour ce 2ème tour unitaire de la gauche, en s’inquiétant néanmoins de la suite.

 

J’ai passé mon temps à leur répondre que la victoire locale de la gauche, la résistance assez remarquable de notre camp au niveau départemental et national, les réelles satisfactions de voir tomber Alain Juppé et Arno Klarsfeld, ne devaient pas nous faire perdre de vue nous avions perdu cette élection… et que nous étions pour 5 années dans l’opposition. Avec, certes, des moyens plus importants pour résister que ceux que l’on nous promettait. Je leur ai dit aussi ma conviction que la gauche avait trouvé cette capacité de résistance dans la clarté du discours à gauche (un peu tardif...) et dans l’unité.

 

A chaud, voici mon analyse qu’il faudra, bien entendu, affiner dans les prochains jours :

 

Au niveau national :

 

  • La gauche s’est comme réveillée au 2ème tour de la léthargie dans laquelle la propagande sarkoziste l'avait plongée.  Elle s’est mobilisée et remporte nettement le vote d’hier : en nombre de voix, elle est majoritaire au niveau national, et l’UMP ne doit sa majorité à l’Assemblée National qu'à la centaine de députés élus au 1er tour. L'état de grâce de Sarkozy est déjà fini.

 

  • L’électorat de gauche a retrouvé le chemin des urnes parce que les partis de gauche présents au 2ème tour, par les discours tenus par les dirigeants responsables, lui ont permis de démasquer la politique réactionnaire de la droite sur la TVA sociale, et de réaliser le danger immédiat de la politique de Sarkozy s’il avait tous les pouvoirs entre ses mains. Parler de la différence entre la gauche et la droite sur la justice sociale est plus efficace que de lorgner vers le centre.

 

  • L’unité de la gauche a été sans faille. Les désistements ont été partout respectés et les reports de voix sur les candidats de gauche arrivés en tête au 1er tour ont été massifs pour battre la droite.

 

Au niveau départemental :

 

  • La gauche ne cède pas un pouce à la droite sur les circonscriptions de la Seine-Saint-Denis. Au contraire, il s’en faut de très peu pour que la gauche remporte une 10ème circonscription à Aulnay, à peine 500 voix séparant le socialiste Gérard Ségura du sortant. La population de la Seine-Saint-Denis sait ce qu'elle a à perdre d'une politique de droite et ce qu'elle a à gagner d'une gauche de combat.

 

  • Les avances très confortables des élus de gauche dans le département (entre 55% et 63%) prouvent là encore que les reports de voix ont pleinement fonctionné, y compris dans la 3ème circonscription, où le socialiste Daniel Goldberg succède loyalement à la communiste Muguette Jacquain. Remarquable dignité des militants et de l'électorat communistes.

 

Au niveau local, à Montreuil :

 

  • Avec 17.059 votants dans les circonstances très particulière d’un scrutin supposé « sans enjeu », avec un seul bulletin de vote sur les tables, les électeurs montreuillois donnent une leçon de civisme notamment aux irresponsables qui ont appelé à ne pas aller voter hier, imitant en cela Jean-Marie Le Pen pour le 2ème tour de la présidentielle.

 

  • 5.147 bulletins blancs ou nuls ont été décomptés, montrant qu’il était possible pour les républicains de droite d’émettre un vote significatif, pour un nombre nettement inférieur cependant au total  des voix de droite du 1er tour.

 

  • Avec 11.912 voix obtenues, le candidat Jean-Pierre Brard soutenu par toute la gauche au 2ème tour progresse très nettement (7.897 au 1er tour) démontrant la capacité de électeurs de gauche montreuillois à dépasser les seules circonstances locales pour participer pleinement à la bataille nationale de la gauche contre la droite.
 
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