Un Conseil du Parti Socialiste a eu lieu samedi dernier et a permis - une nouvelle fois - de contrer le putsh rampant initié par Ségolène Royal et ses amis. En une dizaine de jours, c'est la deuxième fois que les instances du PS expriment une exaspération face aux méthodes de Ségolène Royal :

Mardi 12 juin, entre les deux tours de la législative, d'abord, avec le cadrage du Bureau National sur les alliances. Alors que Ségolène Royal livrait en pâture à la presse le contenu de ses messages laissés sur le portable de François Bayrou, la PS lui rappelait qu'aucune alliance électorale n'était envisageable hors de la gauche.

Samedi 23 juin, donc, au Conseil National, pour contrer le coup de force qu'elle tentait sur le calendrier, toujours via les médias, et toujours "au nom des militants".

J'espère que les militants socialistes vont - à cette occasion - prendre conscience de la réalité des ambitions de Ségolène Royal et de ses amis. Comme je l'ai expliqué sur ce blog dans une note du mois de mai, le parti socialiste fondé par Mitterrand s'est construit depuis les années 70 sur quatre piliers :

  • Un discours et un programme clairement à gauche de rupture avec l'ordre libéral ;
  • Une organisation fondée sur des militants éduqués aux valeurs de la gauche, formés politiquement et disciplinés ;
  • Une confrontation démocratique des courants qui coexistent en son sein ;
  • Un système d'alliance exclusivement à gauche.

Avec méthode et obstination, Ségolène Royal s'en prend systématiquement à ces quatre fondements.

  • Elle a brouillé le clivage gauche-droite pendant toute la campagne (n'assumant même plus aujourd'hui les principales revendications de gauche : les 35 heures et le SMIC) ;
  • Elle n'a cessé de dénigrer les structures du PS héritée du passé, opposant les "anciens" militants jugés archaïques aux "nouveaux" adhérents supposés modernes parce que rejetant a priori l'héritage idéologique de la gauche de transformation sociale du XXème siècle ;
  • Elle a méprisé les courants... pour dissimuler celui qu'elle a constitué comme une arme de guerre avec les comités Désir d'Avenir, et dont l'objectif est clairement d'en finir avec la spécifité du socialisme français pour normaliser le PS dans la social démocratie européenne (le Labour Britannique, le SPD Allemand) ;
  • Elle n'a cessé de tendre vers une alliance avec François Bayrou.

Le but de Ségolène Royal et de ses amis est clair. Elle veut faire basculer le PS et la gauche dans une nouvelle ère, elle veut en finir avec sa tradition de la gauche française de rupture avec l'ordre libéral et d'aspiration à la transformation sociale, elle veut imposer une social-démocratie d'accompagnement du libéralisme. Le congrès socialiste a bel et bien commencé. Et ce congrès s'inscrit clairement dans le cadre d'une recomposition générale de la Gauche dont l'issue est plus que jamais incertaine.

 

Ci-dessous la dépêche rendant compte du commentaire de Jean-Luc Mélenchon ce matin. Inutile de préciser que je partage son point de vue...

 

 


Jean-Luc Mélenchon : Ségolène Royal veut installer une "monarchie permanente" au PS (AP)

 

 

Le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon a accusé lundi Ségolène Royal de vouloir installer une "espèce de monarchie permanente" au Parti socialiste.

Invité de LCI, il est revenu sur le reniement par Mme Royal de ses propositions de campagne sur le SMIC à 1.500 euros et la généralisation des 35 heures, estimant que "sous ses mots se cachent une très grande duplicité".

"Je n'aime pas cette façon de faire de la politique en se réclamant continuellement d'une rénovation, d'une transparence qu'on ne pratique guère en réalité. Car appeler rénovation du Parti socialiste l'installation d'une espèce de monarchie permanente où une seule personne décide, ce n'est pas pour moi de la rénovation", a-t-il accusé.

A propos du souhait de Mme Royal et de Manuel Valls de consulter les militants sur le choix d'un nouveau dirigeant et d'une nouvelle ligne politique, M. Mélenchon a estimé qu'"il faut arrêter ce petit discours sur le pouvoir à la base; la base n'a jamais manqué de pouvoir au Parti socialiste".

En revanche, il a regretté la "situation figée" au PS. "Je reconnais que la lassitude commence à me gagner", a-t-il lâché.

Sur l'orientation politique du parti, le sénateur a martelé qu'il "ne veut pas adhérer à un parti social-démocrate mais à un parti socialiste".

"De la même manière, si notre avenir c'est un chef tout puissant à la tête du parti, l'interdiction des courants qui garantissent la liberté d'expression au sein du parti, plus l'alliance avec le centre, clairement ce sera sans moi", a-t-il souligné en référence à Mme Royal, tout en affirmant: "je dis tout haut ce que des dizaines d'autres pensent avec au moins autant d'énergie que moi. AP

 

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