Chaque mois et demi, dans Montreuil Dépêche, l'hebdo municipal diffusé à 48.000 exemplaires, les groupes politiques de la municipalité peuvent s'exprimer librement. C'est l'occasion pour le groupe socialiste que je préside d'articuler une vision nationale de la politique avec les enjeux locaux. Ci-dessous, la tribune libre du mois de juillet parue ce jour, sur le scandale de la franchise médicale.

Les électeurs de gauche se sont mobilisés entre les deux tours des législatives pour installer à l'Assemblée nationale une opposition solide à la politique de casse sociale promise par monsieur Sarkozy. Nous remercions ces électeurs qui ont donné un mandat clair d'opposition aux 228 députés de gauche. Il s’agit maintenant de résister. Dès cet été, de nombreuses mesures inacceptables vont être mises en place. Nous choisissons d'évoquer la « franchise médicale », car elle va frapper durement de nombreux Montreuillois.

Comme une vulgaire franchise d'assurance...

Comme si le malade était en partie responsable de sa maladie, toutes les dépenses ne seront pas remboursées, et il devra payer une partie des soins dont il aura besoin. Sur le principe, cette mesure est intolérable car elle remet en cause le système de santé et de solidarité républicaine hérité des grandes lois sociales de l’après-guerre et du Conseil national de la résistance : l'assurance maladie est désormais considérée comme une vulgaire assurance pour l'automobile !

Mais ça n'est pas tout, cette mesure est profondément injuste, totalement absurde et va poser très vite un grave problème de santé publique.

Injuste : cette franchise pénalisera les revenus les plus modestes car quand on gagne beaucoup, payer quelques dizaines d’euros pour se soigner n’est pas un problème. Pour les plus pauvres, cela représente une part importante de ce qu’ils ont pour vivre, ils choisiront alors de ne pas se soigner dès le début de leur maladie. L’état général de la santé publique va se dégrader.

Absurde : tout le monde sait qu'il est plus facile de soigner une maladie dès qu'elle se déclare... Les gens qui ont des petits revenus, eux, vont attendre le dernier moment, lorsque les soins nécessaires seront plus importants. En fait, cette franchise aggrave les risques pour le malade et aggrave le déficit de la Sécurité sociale. Le patient ne se fera plus soigner chez son médecin, mais à l’hôpital. À Montreuil, ce sont des milliers de personnes qui vont être touchées :

• lorsqu'on sait que près de 4 500 personnes vivent du RMI (moins de 400 €) et que les données sociales et sanitaires font apparaître une pauvreté grandissante et une santé publique particulièrement fragile ;

• lorsqu’on ajoute à cela la fermeture du centre de sécurité sociale rue Jules-Guesde, dans le cadre du plan d'économies de la CPAM (le 93 comptait 47 centres en 2000. Il n'en reste plus que 26 aujourd’hui, et ils ne seront plus que 19 en 2009) ;

alors, on voit bien la logique du gouvernement de droite : être généreux avec les plus riches (cadeaux fiscaux, baisse des « charges » pour les entreprises, souplesse pour les employeurs) en faisant payer toujours plus les plus pauvres. Les élus socialistes de Montreuil n'acceptent pas cette logique et résisteront avec vous pour préparer un changement de politique.

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