Lors du Conseil Municipal de Montreuil, la Municipalité a voté une subvention de 1500€ aux associations humanitaires pour aider les populations sinistrées à la suite des catastrophes naturelles intervenues en Martinique, en Grèce et au Pérou. Le groupe socialiste s'en est félicité, et j'ai émis en séance le commentaire suivant suite à la présentation faite par Jean-Pierre Brard, Député-Maire.

Monsieur le maire, chers collègues,

Une fois encore, notre commune va manifester son attachement aux valeurs de solidarité internationale en votant une subvention aux organisations humanitaires pour venir en aide aux victimes des événements survenus cet été en Martinique, en Grèce et au Pérou. Nous nous en félicitons.

Mais concernant la Martinique et la Grèce, vous auriez pu – Monsieur le Maire – souligner le caractère très « artificiel » de ces catastrophes qu’on continue injustement à nommer des catastrophes « naturelles », y compris dans le titre de la délibération que nous allons voter.

La multiplication, la fréquence et l’ampleur de ces catastrophes montrent d’une façon de plus en plus évidente qu’elles n’ont plus rien de vraiment « naturel » mais sont le résultat de l’activité humaine, et plus précisément le résultat d’un certain mode de production fondé sur la recherche du profit maximum. Une prise de conscience progresse à l’échelle de la planète. Mais la question qui est aujourd’hui posée à l’humanité n’est plus de savoir s’il faut modérer l’appétit vorace et suicidaire du capitalisme de notre époque. Au rythme où on vont les choses, il faut choisir de rompre avec ce système car en va tout simplement de la survie de l’espèce humaine. Et cela, pas dans mille ans, pas dans quelques siècles, mais dans les décenies qui viennent.

Mais je voudrais attirer l’attention sur un autre fléau qui s’abat aujourd’hui sur nos compatriotes de la Martinique et de la Guadeloupe : l’empoisonnement de masse provoqué par l’utilisation de pesticide dans la culture intensive de la banane. Le professeur Belpomme a rendu un rapport il y quelques semaines démontrant l’ampleur du désastre qui touche à court terme des dizaines de milliers d’individus intoxiqués par un produit dont on connaît la nocivité, et qui touchera les générations futures puisque les sols et les eaux ont été durablement contaminés.

Il ne s’agit pas ici d’un cyclone, d’un raz de marée, d’un incendie, d’un tremblement de terre ou d’une autre colère des éléments. Il s’agit du résultat d’une activité économique criminelle.

Je suggère donc que notre municipalité manifeste lors d’un prochain Conseil Municipal, au même titre qu’à l’occasion des catastrophes dites naturelles, une solidarité matérielle, mais aussi politique, avec les populations des Antilles victimes de cette catastrophe scandaleuse.

Le Député-Maire a répondu positivement à cette proposition, et il s’est engagé à veiller à manifester cette solidarité lors d’un prochain Conseil.

 

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