Hier soir, jeudi, avait lieu à l’Hôtel de Ville de Montreuil le dernier conseil municipal du mandat 2001-2008. Voici un voeu présenté en début de séance suivi de mon intervention en tant que Président du Groupe PS.


Refus d’appliquer un « service minimum de substitution aux enseignants grévistes »

Le Ministre de l’Education nationale a, sans concertation ni avec les collectivités locales ni avec les partenaires de la communauté éducative, décrété que les communes pourraient se substituer à l’Education nationale lorsque les enseignants sont en grève.

Le Conseil municipal s’oppose à toute remise en cause du droit de grève des enseignants. Ce droit de grève est constitutionnel, même si nous savons que le viol de la constitution par le Président de la République est devenu une pratique quotidienne. La municipalité ne jouera pas ce rôle de «  casseur de grève » que le gouvernement lui propose en se substituant aux enseignants grévistes.

L’annonce du financement des dispositifs d’accueil municipaux par les retenues de salaire des enseignants grévistes constitue une véritable provocation. Le populisme et la démagogie inspirent ce genre de propositions. Jouer avec les difficultés rencontrées par les parents d‘élèves suite à un mouvement de grève est irresponsable et indigne.

Le Conseil municipal rappelle qu’il n’est pas acceptable de sous-traiter à une commune une responsabilité légale de l'Etat. Au-delà même des lourds problèmes de responsabilité que cela pose, l’Etat se déchargerait encore une fois sur les communes de ses devoirs envers nos concitoyens.

Fidèle à ses valeurs, Montreuil ne sera pas l’auxiliaire du gouvernement dans sa volonté de remettre en cause le droit constitutionnel des enseignants de faire grève.



Le groupe des élus socialiste soutient le vœu présenté ce soir, car sur la forme comme sur le fond, cette mesure cherchant à mettre en place un service minimum dans les écoles pendant les grèves est une nouvelle provocation du gouvernement de Monsieur Sarkozy.

Sur la forme, d’abord, c’est comme d’habitude la méthode du passage en force qui est choisie : le 11 décembre, le ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos avait évoqué une éventuelle mise en place de ce projet voulu par Nicolas Sarkozy, mais à la rentrée 2008, en promettant une concertation d’ici là, notamment avec les partenaires sociaux, les syndicats. Mais en janvier, c’est par la presse que les maires et les syndicats enseignants ont appris que tout était décidé, et à mettre en œuvre immédiatement !

Sur le fond, c’est tout simplement une attaque brutale et stupide contre le droit de grève. C’est en outre la volonté de diviser les catégories de personnels de la fonction publique, en transformant les agents communaux en briseurs de grèves des professeurs, et en poussant le cynisme jusqu’à imaginer de payer les premiers avec les retenues sur salaire des seconds. Ce procédé est tout simplement ignoble, et rappelle les pires heures de la droite réactionnaire du XIXe et du début du XXe siècle.

Cela en dit long aussi sur la méthode de gouvernement impulsée par Nicolas Sarkozy, qui divise systématiquement les français, les mettant en concurrence les uns contre les autres en fonction de leurs intérêts particuliers. En adoptant ce vœu, la Municipalité de Montreuil ne fait pas qu’affirmer la défense du droit de grève d’une partie des salariés, elle exprime son attachement à une certaine conception de la République, de l’intérêt général et de la démocratie qui se trouve aujourd’hui gravement menacée.

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