undefinedC’est par le journal que j’ai appris que mon camarade socialiste Tony Di Martino se présentera finalement à la cantonale de Bagnolet. Il semble que cette décision ait été prise dans l’urgence à partir du constat de l’effondrement de l’accord passé entre les Verts et le Parti Socialiste sur cette ville. Cet effondrement se manifestant notamment par la présentation d’une liste écologiste concurrente à la liste PS-Verts conduite par Tony ; par une rupture du contrat de confiance avec la candidate verte sur la cantonale à Bagnolet ; par le choix d'un Maire-adjoint socialiste sortant de rejoindre la liste de Marc Everbecq, le maire communiste de Bagnolet.

 N’ayant pas eu l’occasion de discuter, en tant que secrétaire fédéral, de cette situation au sein des instances du PS-93, puisque aucune réunion n'a été convoquée sur cette question et les décisions ont été prises dans d’autres cadres, je ne peux que prendre acte du résultat, qui apparaît comme un nouveau rebondissement navrant des accords et désaccords de la gauche départementale. Bagnolet, après Saint-Denis, Tremblay, le Blanc-Mesnil et j'en passe... confirme néanmoins le profond désordre constaté partout dans le département, et dont il faut espérer qu’il ne sera pas trop préjudiciable pour la suite des relations entre les différentes forces de la gauche dans les communes et le département, et au final pour nos concitoyens continuant de subir - pendant qu'on se chamaille - le feu roulant de la droite sarkozienne.

Cela dit, la situation bagnoletaise (et les promptes décisions de la fédération socialiste) met en relief sur l’incongruité de la situation montreuilloise qui aurait mérité sans doute une attention aussi grande de mes camarades dirigeant le PS-93 qui ont pris à Bagnolet des décisions contraires à ce que prévoyait le fameux accord départemental Verts-PS que j’ai beaucoup commenté (voir mes précédentes notes à ce propos).

C’est Fabienne Vansteenkiste qui se présentera donc au nom des Verts à la cantonale de Montreuil Est, avec le soutien officiel du PS-93 qui a décidé de me retirer l’investiture démocratiquement acquise par un vote des militants de la section socialistes de ce canton. Responsable socialiste, j’ai mené jusqu’au bout la bataille au sein de mon parti pour éviter cette décision que je n’admet pas politiquement, mais j’ai suspendu, comme mon parti me l’a demandé, la campagne cantonale dans laquelle je m’étais engagé avec tant de militants et tant d’enthousiasme.

Cependant, je découvre depuis plusieurs jours la propagande faite autour de cette candidature qui contribue à semer la confusion sur la ville de Montreuil, puisque sur tous les tracts ou sur le site de campagne, le portrait de la candidate verte à la cantonale est encadré de ceux de Dominique Voynet et de Mouna Viprey, auxquelles sont associés le logo des Verts et celui du Parti Socialiste.

On comprend aisément le but de cette communication diffusée largement au-delà des limites géographiques du canton : faire croire que le Parti Socialiste soutient Dominique Voynet sur la municipale, que Mouna Viprey n'est pas vraiment dissidente.  C'est la recherche de la confusion en espérant profiter de la désorientation des électeurs ... Quelle irresponsabilité !

A cela s’ajoute le fait que, dans la campagne municipale, les dissidents Viprey et Martinez exclus du PS, ainsi que d’autres de leurs colistiers qui seront prochainement sanctionnés par le parti, dès que les listes seront officiellement publiées, ne manquent pas une occasion de se réclamer de notre parti pour combattre nos camarades investis dans la liste du rassemblement de la gauche avec Jean-Pierre Brard... et toujours semer la confusion auprès des électeurs, encore et encore.

A cela s’ajoute enfin les déclarations faites par Fabienne Vansteenkiste affirmant qu’elle ne respectera pas la règle du « désistement républicain » entre les deux tours. « Effectivement, je réprouve totalement, comme d'ailleurs mon parti (les Verts) la pratique des désistements laissant une candidature unique au second tour.  Nous n'en avons jamais fait mystère. Les Montreuillois se sont sentis floués au second tour des législatives par le désistement de la candidate socialiste, laissant ainsi Brard seul choix possible. L'union derrière le candidat de gauche le mieux placé se justifie parfaitement s'il y a un risque que la droite gagne. Ce n'était pas le cas à Montreuil, puisqu'elle était éliminée au premier tour.  Si dans le pays, la menace de droite est plus qu'une réalité, ce n'est pas le cas à Montreuil. Et les électeurs montreuillois, qui ont voté à plus de 65% pour la candidate de gauche aux présidentielles, s'en sont vu remerciés en se voyant privés de choix au second tour des législatives! Je précise que ça marche dans les deux sens, et que je ne souhaite surtout pas que mon adversaire communiste me laisse seule candidate au second tour des cantonales sur Montreuil Est. » (Commentaire de l’intéressée sur mon blog)

Je sais quelle sera la conséquence de cela : si cette candidate arrive 2ème en position de se maintenir, elle le fera, et le Parti Socialiste lui retirera son soutien à entre les deux tours, car je n’ai pas de doute que la fédération respectera ses engagements à ce sujet. Mais il faut imaginer la totale confusion qui culminera alors pendant cette semaine et le désastre que cela provoquera pour la gauche montreuilloise, avec une droite qui deviendra l’arbitre des querelles de la gauche, et qui votera, c’est sûr, au nom de ses intérêts : faire battre les représentants de la gauche sociale qui résistent le plus au libéralisme.

D’ailleurs, depuis ce week-end, on a bien vu comment la droite est rentrée en campagne à Montreuil, avec l’UMP et le Modem qui attaquent vigoureusement la liste d’union de la gauche avec Brard (jusqu’à là, rien d’étonnant), et multiplient les appels du pied à la liste Voynet-Viprey, avec de véritables « copiés-collés » dans leur propagande.

On parle aussi dans la ville d’un étonnant sondage, dont on ignore encore le commanditaire, qui évalue les chances d’une alliance Voynet-Modem au second tour face à Brard.

Mais pour en revenir à Bagnolet, je dois dire que ce qui se passe me laisse très dubitatif, car si les formes ne sont bien sûr pas les mêmes, je vois beaucoup de points communs entre la situation de Tony Di Martino et la mienne à Montreuil, sur le canton Montreuil-Est. Sauf que là-bas, on a décidé de l’autoriser à prendre des mesures de « clarification », alors qu’ici on a choisi de m’interdire de le faire.

A l’heure où j’écris ces lignes, il reste 72 heures avant la fermeture du bureau d’enregistrement des candidatures à la Préfecture. On n’est peut-être pas au bout des surprises… Après la clôture de cette période incertaine, il n’y aura plus qu’à espérer que les dégâts déjà produits au sein de la gauche dans tout le département ne s’aggraveront pas davantage… quant à moi, il ne me restera plus qu’à mener au mieux la campagne municipale à Montreuil où je suis engagé pour défendre une certaine conception de la gauche républicaine, laïque et sociale et, s’il me reste du temps, à relire le Discours de la servitude volontaire de la Boëtie, car chaque jour davantage, ma conscience des choses auxquelles je consens s'aiguise !

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