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Vous trouverez ci-joint la reproduction d'un article paru il y a quelques jours dans le mensuel publié par les Verts dans notre ville. Delphine Beauvois  et moi-même y sommes mis en cause personnellement. Elle en tant que militante, moi en tant qu’élu municipal.

 

Cela n'est pas la première fois que nous subissons, ensemble ou séparément [1] , les assauts des rédacteurs du « Poivron » qui nous ont reproché tour à tour notre attachement à la Laïcité, à une certaine conception de la République sociale, à l’union de la gauche, à l’action de la municipalité de Montreuil… mais jamais cela n’avait été fait avec une telle outrance, avec une telle violence, avec un tel flot d’inventions, de sous-entendus fielleux, d’amalgames et de diffamations qui se déversent de la première à la dernière ligne de ce texte infamant.

Vous constaterez dès la première lecture de cet écrit les signes évidents de la grande confusion dans laquelle le jeune homme qui a signé cet article vit – et met en scène – ses relations sociales et personnelles, notamment dans son rapport avec l’autorité publique que j’incarne à ses yeux. Mais au-delà des difficultés relationnelles de cette personne qui ne je caractériserai pas davantage, ce qui est alarmant, c’est l’irresponsabilité de ceux qui ont choisi de publier ce texte dans une revue diffusée par les Verts dans notre ville.

Voici donc l’article tel qu’il est publié dans le « journal » des Verts. Je n’ai modifié que la signature de l’auteur :

 

ENTRE RECUPERATION ET BLOCAGE PAR L'ADJOINT AU MAIRE

Un cirque politique

II y a quelque mois, Delphine Beauvois et Nicolas Voisin ont organisé une rencontre aux Murs à Pêches sur la parcelle de l'association les Lez'arts dans les murs (Poivron n°95) afin de connaître les besoins des jeunes engagés dans la vie associative. Le bilan de ce qui s'en est suivi n'est pas à leur honneur.

Ces besoins sont malheureusement les mêmes et n'ont toujours pas changé (argent, espace, information, équipement). Au cours de ce débat, l'intervention de Voisin pour décrire sa fonction de maire adjoint à la vie associative aurait scandalisé plus d'un citoyen "Je suis un seigneur qui décide où vont les aides de l'état..."

Quelques mois plus tard, moi le gueux, je suis contacté par l'association du cirque Alibaro qui recherche un lieu où planter son chapiteau. Séduit par l'idée, je décide alors d'organiser une série de visites sur Montreuil, ils tombent sous le charme des Murs à Pêches et du tissu associatif montreuillois. Pris d'un violent amour, ils s'imaginent alors déjà installer leurs ânes et leurs rêveries en terre brardiste, voulant créer un lieu pluridisciplinaire sous leur chapiteau au service des associations, des écoles et des citoyens. Ils pensent prêter leur chapiteau aux associations, aux écoles, aux citoyens...

Gagné par leur enthousiasme, j'oublie un instant que je suis un serf montreuillois et qu'en tant que jeune, mes moyens sont limités. J'imagine même que l'association Alibaro pourrait s'inscrire dans le Projet Éducatif Local et Global (PELG) montreuillois et permettrait au plus grand nombre d'enfants de bénéficier d'activités en relation avec le cirque.

Je contacte alors diverses associations présentes sur le site des Murs à Pêches pour une éventuelle implantation sur la prairie. Charmés par le projet, ils me poussent à aller voir la municipalité pour obtenir des autorisations...

C'est alors que J'entre en contact avec Delphine Beauvois. Elle est emballée par le projet, elle me pousse à prendre très vite un rendez-vous avec Nicolas Voisin. Et elle n'émet aucune objection. Pas plus de contre-indication lorsque je lui fais savoir que ce projet m'intéresse à double titre : pour la ville et moi-même... En effet, rmiste depuis 2 ans, et après de nombreuses discussions avec le cirque Alibaro, l'idée de m'engager  s'est imposé à tous de manière évidente.

J'organise alors un entretien avec les différents interlocuteurs, et Nicolas Voisinse montre très intéressé par les cartes de visite des membres fondateurs du cirque Alibaro ainsi que la perspective qu'un pourcentage des recettes soit reversé à la ville. Se voyait-il déjà en haut de l'affiche ?

Quelque temps plus tard, relancé par le cirque pour connaître l'état d'avancement de leur dossier, je contacte l'assistant de Voisin qui, étrangement, ne m'identifie pas. J'adresse un courriel à ce dernier et le pousse à trouver une solution pour les ânes en attente à défaut d'autoriser l'implantation définitive du cirque.

En réponse, il m'envoie le message suivant, dans lequel il se montre perplexe quant à la possibilité de créer des emplois a travers ce projet et n'en perçoit d'ailleurs pas Is nécessité. Il me remercie néanmoins d'avoir été un intermédiaire de la rencontre. Ne reconnaissant pas ma position d'interlocuteur, il va même jusqu à formuler l'ombre d'une menace sur la poursuite du projet si mon emploi est maintenu ! Eallait-il que je lui demande sa grâce, ou que je lui fasse allégeance ?

Plus dure sera la chute

Est-ce ainsi que les initiatives citoyennes sont accompagnées à Montreuil? Les associations naissent de l'idée ou de l'envie de plusieurs, elles sont le reflet de la vigueur de la démocratie locale...

Pourtant à Montreuil, certains sont plus habilités que d'autres à créer des associations et à bénéficier de l'attention du seigneur Voisin?

Car, en plus de considérer sa fonction comme celle d'un seigneur distribuant largesses et privilèges, il est manifestement peu sensible à la condition des habitants engagés dans la vie associative. Serions-nous donc à Montreuil en terre féodale où le sort des serfs intéresse peu, malgré leurs efforts dans la vie associative, laquelle apporte tant de mérites substantiels a sa seigneurie ?

Philippe A  (en collaboration avec P.C.)

 P. S : Pour les amis des animaux, pas d'inquiétude, les ânes sont sous la surveillance étroite de la brigade équestre de Montreuil.

 

Alors que faire ? Répondre point par point aux insinuations de ce pamphlet ? Diffuser un communiqué de presse ? Engager, comme on me le conseille, une procédure en justice contre ce pauvre garçon et les propriétaires de ce journal ? Tout cela représenterait une dépense de temps, de moyens et d’énergie que je préfère consacrer à des causes plus utiles pour notre collectivité. Mobiliser les électeurs de gauche contre la politique du gouvernement de droite, par exemple.

Face à ce genre de comportement, c'est toujours le même dilemne : soit on ne répond rien et on laisse se répandre les rumeurs... soit on répond en prenant le risque de donner de l'importance à événement méprisable. Quelques rectifications, tout de même, pour éviter que la calomnie ait le dernier mot :

-          Les trois ânes du cirque Aliboro passent un hiver tranquille depuis le mois de décembre au Parc Montreau, adoptés par les agents municipaux des services espaces verts qui les ont installés dans leurs locaux (merci à eux), bichonnés par leurs propriétaires – les responsables du cirque – qui viennent les voir tous les jours, et cohabitant avec les chevaux de la brigade équestre de la Police Nationale. Je ne suis pas complètement étranger au fait que la Ville ait accueilli gracieusement pour l’hiver ces sympathiques animaux qui risquaient en décembre de se retrouver « à la rue ». Je ne m’en suis pas vanté, car il s’agit d’une de ces mille petites choses qui font la vie d’un élu municipal qui essaie de régler les problèmes, au mieux des possibilités, et surtout au nom de l’intérêt général.

-          Le projet avec le Cirque suit son chemin. L’idée que nous avons imaginée serait d’installer son chapiteau « en résidence » au Parc Montreau pour permettre d’une part à l’association Aliboro d’y produire régulièrement son magnifique spectacle, et d’autre part à la ville d’y développer un projet éducatif tourné notamment vers les jeunes des quartiers Est de la ville. Ce n’est pas simple à faire. Cela coûte pas mal d’argent. Pour autant, les contacts entre les gens d’Alibaro, les services de la ville et moi-même se poursuivent. Et pour tout dire, j’ai bon espoir de voir les ânes tourner sur la piste aux étoiles avant la fin de l’année.

-          Au sujet de « la promesse d’emploi » évoquée par le Poivron, le plus simple est de reproduire la correspondance entre Monsieur Philippe A et moi.

Philippe A à Nicolas Voisin, le 2 décembre 2007 :

 « Monsieur Voisin, Suite à l'entretien téléphonique avec  XX (agent de la Ville NDLR), le 30 novembre dernier, je me permets de vous écrire afin de vous faire part de mon étonnement concernant la tournure que prend le projet Alibarro. En effet, vous n'êtes pas sans savoir l'intérêt que je porte à ce projet pour la ville. Or j'ai été surpris que mon interlocutricene ne m'identifiait pas au téléphone. J'ai du lui retracer l'historique des évènements auxquels vous et moi avons été associés. J'espère être informé de la suite donnée à ce projet tant au niveau municipal que strictement personnel, puisqu'il avait été évoqué que je sois embauché dans ce cadre . De plus, le cirque Alibarro qui est dans l'attente de la concrétisation de ce projet avec la municipalité, recherche un site de stationnement pour ses caravanes et ses ânes. Il serait judicieux que nous puissions en parler directement et dans des délairsrapides si nous voulons que le cirque Alibarro reste à Montreuil. Dans l'attente de votre réponse Cordialement »

Nicolas Voisin à Philippe A, le 7 décembre 2007 :

« Bonjour Monsieur A, Je découvre votre courriel à mon retour d'un déplacement à l'étranger et il me laisse quelque peu perplexe. Je sais en effet quel rôle vous avez joué en tant qu'intermédiaire associatif pour permettre cette rencontre avec les responsables du Cirque Aliboro, et je vous en remercie. Conformément à ce que j'avais eu l'occasion de dire lors de cet entretien, je fais actuellement examiner le dossier élaboré par les responsables de cette association par les services de la ville pour tâcher de répondre autant que possible à leurs attentes et leurs besoins, en l'articulant néanmoins avec les projets propres de la ville. J'avais souligné que le projet tel qu'ils l'imaginaient (résidence sur le site des Murs à Pêches notamment) serait sans doute difficile à réaliser, mais j'avais évoqué une piste de travail dans le cadre du Projet Educatif Local de la Ville, offrant peut-être - et je dis bien peut-être - une opportunité. C'est là dessus que nous travaillons. Nous avons bien pris conscience du caractère urgent de la situation du cirque Aliboro. Nous n'en sommes aujourd'hui qu'au stade exploratoire, mais qui peut cependant passer rapidement à une phase active. J'en viens maintenant à ce qui provoque en moi une certaine perplexité. Il m'avait en effet totalement échappé que les responsables d'Aliboro vous accordaient une telle responsabilité dans le portage du projet, et envisageaient l'éventuelle implantation à Montreuil en y intégrant d'une manière aussi explicite votre projet professionnel - au demeurant tout à fait légitime - évoqué dans votre courriel. Ceci m'amène à vous demander, ainsi qu'à Monsieur le Président de l'association à qui j'adresse en copie ce message, deux éclaircissements : 1 - Doit-on vous considérer, Monsieur A, comme l'interlocuteur officiel délégué par l'association Aliboro pour instruire le dossier et poursuivre la construction d'un éventuel projet ? 2 - Le projet professionnel vous concernant est-il - du point de vue de l'association - une condition à la poursuite de la construction du projet ? Vous remerciant par avance pour vos réponses, je vous prie d'agréer, cher Monsieur, l'expression de mes sincères salutations. »

Je n’ai jamais obtenu de réponse de la part de Monsieur A. En revanche, les responsables du Cirque m’ont fait savoir que ce jeune homme n’était pas « l'interlocuteur officiel du Cirque Aliboro » et qu’il n’y avait « pas de conditions à  la poursuite de notre projet ». Ils confirmaient le sentiment que j’avais deviné à la lecture du premier message de Philippe A : la grande confusion existant dans son esprit entre l’intérêt collectif du projet autour du cirque, et l’intérêt personnel dans la recherche d’un emploi. Les deux démarches sont légitimes, bien sûr, mais il est évident qu’il ne s’agit pas de la même chose. Et on ne peut certainement pas instrumentaliser comme il a cherché à le faire (consciemment ou non…) une démarche d’intérêt général pour atteindre un autre objectif personnel, a fortiori sans que les responsables du premier projet soient informés du second !

 

Voilà pour les rectifications qu’il fallait apporter sur les événements. Je ne crois pas utile de commenter les propos qui me sont prêtés au début de l’article (entre guillemets comme une citation authentifiée). Ceux qui me connaissent savent quel crédit apporter à ce genre de propos… et je laisse ceux qui ne me connaissent pas imaginer la scène décrite : un maire adjoint expliquant à une assemblée de jeunes militants associatifs qu’il se considère comme « un seigneur qui décide où vont les aides de l'Etat » ! Mais oui, bien sûr… C’est ridicule. Cette situation est triste, car elle révèle sans doute une profonde détresse personnelle. Mais il était de ma responsabilité d’élu de veiller à bien distinguer les choses, mettant en jeu des moyens matériels et financiers publics.

J’étais loin d’imaginer que cette affaire serait utilisée comme elle l’est dans le débat public de la ville.

Car il s’agit là de la véritable question de fond sur laquelle je souhaite conclure ce – déjà trop long – billet : ainsi, à quelques jours d’un vote important pour l’avenir de Montreuil et du pays, il est navrant de constater que les Verts de Montreuil - qui publient Le Poivron -  choisissent d’utiliser des procédés absolument détestables pour salir et dénigrer des représentants du Parti Socialiste et de la Municipalité de gauche.

L’ironie de cette situation est que ceux qui cherchent ainsi à nous traîner dans la boue sont les mêmes qui passent leur temps à se plaindre des rudesses verbales de Jean-Pierre Brard pendant les conseil municipaux, et qui ont placé « la rénovation des pratiques politiques » au centre de la campagne municipale qu’ils mènent avec Dominique Voynet…

Celle-ci, déplorant de la dureté du débat politique en évoquant des rumeurs qui circuleraient en ville sur elle, écrivait récemment sur son site : « Parfois, c’est visqueux et sournois, et ça donne envie de hurler. Par exemple quand on soupçonne la militante de l’école publique que je suis depuis toujours d’envoyer ses enfants « dans le privé » à Vincennes… C’est faux bien sûr, mais ça laisse des traces : plus on se justifie, plus on explique, plus… c’est suspect aux yeux de ceux pour lesquels il n’y a pas de fumée sans feu ».

Dominique Voynet a raison : sauf que je n’ai jamais lu la moindre allusion à la vie personnelle de Dominique Voynet dans aucune des publications liée à la liste d’union de la gauche que je défends ; dans le débat public, je ne m’en suis jamais pris à sa personne ni à celles de ses colistiers ; et je n’ai jamais caractérisé autrement que politiquement leurs actes et leurs orientations. En revanche, c’est dans leur bouche et sous leur plume que j’ai entendu et lu les ahurissantes caractérisations me concernant, ou concernant mon courant politique, ou la liste municipale que je défends qui serait conduite par un « Brard-Caucescu », se livrant à des pratiques « staliniennes » (et d’autres amabilités de ce genre…).

Alors sachez, chers lecteurs de ce blog, que dans le Poivron, comme dirait Dominique, tout est « faux bien sûr, mais ça laisse des traces : plus on se justifie, plus on explique, plus… c’est suspect aux yeux de ceux pour lesquels il n’y a pas de fumée sans feu ».  C’est pour cela que j’arrête là mon argumentation.

Je publierai dans quelques jours tout de même, avec moins de commentaires, les autres articles du même genre parus depuis quelques années dans le Poivron me concernant ou s’en prenant à mes amis. J'ai demandé – au début – un droit de réponse, en envoyant à la rédaction de ce « journal » des textes de mise au point.  Evidemment, ces grands donneurs de leçons sur les pratiques démocratiques n’en ont jamais publié une ligne.

J’ai entendu dire que, faute de lecteurs, Le Poivon disparaîtra bientôt. D’habitude, j’ai tendance à regretter la disparition de toute publication pour des raisons financières, pensant qu’il s’agit d’un petit bout de liberté d’expression qui disparaît avec elle… Concernant le Poivron, je doute pourtant qu’il ait contribué à élever le débat démocratique et la libre et respectueuse confrontation des idées et des valeurs à gauche dans notre ville. Je crains – malgré le caractère très confidentiel de sa diffusion – qu’il ait été l’un des outils puissants de ceux qui ont cherché à introduire au sein de la gauche montreuilloise une fascination malsaine pour le pouvoir politique, le goût de la division stérile, la jouissance de l’insinuation vaseuse, et une affection – enfin – pour une violence toute petite bourgeoise qu’affectionnent ces gens, qui croient pouvoir insulter impunément les responsables de gauche républicaine et sociale et s’étonnent bruyamment lorsqu’ils se font frotter les oreilles. Le Poivron va disparaître ? C’est sans doute dans ses pratiques insupportables qu’il faut chercher les raisons de ses difficultés financières. Et considérant les dérapages verbaux de plus en plus insultants que ces rédacteurs profèrent contre les autres sensibilités de la gauche, je finis par trouver bien douces et mesurées les quelques claques envoyées par le maire à leur endroit !

 

En attendant, amis et camarades, la gauche reste en campagne pour ces élections municipales. Ne nous laissons pas détourner ce cette tâche par les provocations méchantes et des divisions irresponsables ! Cinq jours encore pour faire triompher à Montreuil la gauche unitaire, sociale et républicaine ! Cinq jours pour envoyer un message clair du peuple montreuillois mobilisé contre la politique de Sarkozy. Il n'y a que ça qui compte.



[1] Nous avons l’habitude de ce dénigrement systématique. Récemment, Delphine a même été attaquée sur deux pages entières de ce "journal" pour avoir cherché à s’engager dans la vie associative de l’école maternelle de son fils. De notre fils. Puisque Delphine et moi sommes mariés. Il semble que ce détail de notre vie privé décuple l’agressivité de nos détracteurs qui ne supportent pas le couple militant que nous formons et s'emploient à réduire systématiquement – et très sournoisement – Delphine au statut de « femme de… ». Belle leçon de féminisme !

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