masque.jpg.jpg A Montreuil comme ailleurs, le Modem n’a pas réussi sa « percée ». Parti de droite, considéré comme tel par les électeurs montreuillois qui savent reconnaître leur droite et leur gauche, il n’est pas en position de jouer le rôle assigné par son chef François Bayrou : celui de semer la confusion à gauche, de changer la nature du principal parti d’opposition, et de permettre à Sarkozy de réduire les élections municipales aux seuls enjeux locaux pour essayer de limiter l’ampleur du vote sanction contre la politique gouvernementale.

 
Dans la quasi-totalité des villes où la gauche est en situation de l’emporter contre la droite, le Modem – nuisible politiquement et inutile électoralement – est renvoyé à sa réalité d’un groupuscule centriste, servant uniquement la carrière personnelle de François Bayrou.

 
En dépit de ce qu’on cherche à faire croire, au niveau national, dans l’immense majorité des villes, c’est l’union de la gauche – et rien que de la gauche – qui va permettre de battre la droite dimanche prochain. C’est pour cela qu’il est navrant de voir les gesticulations de certains responsables de gauche s’employant à réhabiliter coûte que coûte le Modem, pour le repositionner en arbitre du 2ème tour.

 

A Montreuil, dans les conditions du 2ème tour que l’on connaît, avec l’élimination de la droite au 1er tour, ce qui se passe est extrêmement révélateur de la complaisance coupable de Dominique Voynet, des Verts locaux et de leurs alliés.

 
Désormais, c’est un fait établi : Dominique Voynet a balayé du revers de la main la proposition de fusion des listes de gauche faite par Jean-Pierre Brard dès la proclamation des résultats du 1er tour dimanche soir. Dès le lendemain matin à 7h00, les tracts distribués confirmaient ce mépris pour l’appel au rassemblement de la gauche exprimé par les électeurs et relayé par les directions nationales de tous les partis : le PS, le PCF et les Verts. Seul compte à ses yeux l’ambition personnelle au nom d’un « changement » sans contenu, qu’elle martèle sur tous les tons, dans tous ses discours.

 
Le débat local, que cette candidate sans projet (sinon celui de prendre la place du maire) cherche à dépolitiser à l’extrême, ouvre grand l’espace pour le Modem local. La candidate « centriste » Mireille Alphonse, qui n’a obtenu que 4,98 % au 1er tour, ne peut ni se maintenir, ni fusionner avec une autre liste. Cependant, on apprend avec quelle liste elle l’aurait fait bien volontiers si elle eu la possibilité de le faire en lisant sa déclaration publique.


Voilà ce qu’elle écrivait dès lundi matin à l’attention de ses électeurs sous le titre « Pourquoi je ne voterai pas pour Jean-Pierre Brard » :

 
« Personnellement, je ne voterai pas pour Jean-Pierre Brard […] car ce que je désapprouve le plus, au fond, c’est la méthode […] Donc, je ne voterai pas pour ce maire sortant. Notre ville mérite mieux, la démocratie aussi. […] Montreuil mérite vraiment un Renouveau démocrate ! »


Le message est on ne peut plus explicite : le Modem appelle à voter contre Jean-Pierre Brard et pour Dominique Voynet. CQFD ! Ce qu’il fallait démontrer : en se maintenant au 2ème tour, à la municipale, mais aussi sur le canton Montreuil-Est, les Verts acceptent de faire arbitrer l’élection par la droite.

 
Du reste, quand on observe de près les résultats du 1er tour et qu’on a un peu de mémoire, on s’aperçoit qu’une partie de la droite a déjà voté pour Dominique Voynet dès dimanche dernier. Il suffit par exemple d’observer les résultats dans les bureaux de vote qui regroupent les quartiers du Bas-Montreuil limitrophes de Vincennes, considérés comme les petits « bastions » traditionnels de la droite locale, où les candidats UMP, DVD et Modem sont loin de leurs résultats habituels et où Dominique Voynet réalise ses plus beaux scores.

 
Quand on songe au procès d’intention auquel se sont livrés Denis Baupin et les Verts à Paris contre Bertrand Delanoë à propos d’une supposée alliance avec le Modem qui n’aura jamais lieu...


Les enjeux du 2ème tour à Montreuil sont désormais très clairs !

 
Forts du résultat du 1er tour où la liste de rassemblement de la gauche conduite par Jean-Pierre Brard a largement progressé en voix par rapport à 2001, nous avons cinq jours pour expliquer la réalité de ce double jeu à toutes celles et ceux qui, à gauche, auraient pu croire à l’utilité d’un vote Voynet.

Cinq jours pour mobiliser la gauche unitaire sur un projet clair et sur des principes sincères. 
Cinq jours pour battre la droite qui avance arrogante au niveau national.
Cinq jours pour battre la droite qui avance masquée à Montreuil.

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