Le premier conseil syndical du SEDIF (syndicat des eaux d’Ile-de-France) d’après les élections municipales de mars 2007 s’est réuni aujourd’hui afin de procéder à l’élection d’une nouvelle présidence et à la désignation d’un nouveau bureau.

 
Malheureusement, c’est André Santini, le président sortant, en poste depuis près d’un quart de siècle, mais aussi maire d’Issy les Moulineaux et Secrétaire d’Etat du gouvernement Sarkozy, qui a été réélu. C’est évidemment une mauvaise nouvelle surtout quand on sait que le rapport de force entre la gauche et la droite s’était plutôt rééquilibré au profit de la gauche (67 communes répertoriées à gauche, face à 70 droite, plus 3 Modem et 4 divers droite). Cela ne faisait pas le compte, bien sûr, mais cela permettait d’espérer…

 
Il s’est cependant produit quelque chose d’important aujourd’hui : en dépit de quelques hésitations, la gauche a décidé de présenter une candidature alternative à Santini et favorable, elle, au principe d’un retour en gestion publique. C’est le Sénateur-Maire de Neuilly-sur-Marne – Jacques Mahéas – qui a été choisi pour porter cette candidature. Il a été battu, recueillant 55 voix contre 77. C’est une défaite, mais le choix de présenter cette candidature marque sans doute la fin d’un consensus qui prévalait jusqu’alors dans le système mis en place par Monsieur Santini et ses supplétifs, au profit de l’entreprise Véolia.

 
Les représentants de 55 communes affirmant ainsi leur position pour un retour en gestion publique, c’est du jamais vu, et cela marque assurément une rupture dans l’histoire du SEDIF. La bataille doit donc se poursuivre et se développer, puisque d’après le calendrier prévu, c’est à l’automne que le choix fondamental du mode de gestion (public ou privé) sera fait.

 
Cette bataille doit se poursuivre au sein des instances municipales et du SEDIF, bien sûr, en continuant à faire vivre le front qui s’est constitué dans le conseil syndical aujourd’hui. Fin tacticien, à peine son élection acquise, André Santini a élargi son bureau en y intégrant 5 représentants de communes de gauche. En faisant cela, il cherche à poursuivre le système de compromis (mais parfois de compromissions) qui a fait le succès de sa gestion jusqu’à aujourd’hui. Il faut noter qu’il a aussi pris soin de tenir à l’écart du bureau du SEDIF les élus qui se sont le plus avancés publiquement pour un retour en gestion publique, comme Philippe Kaltenbach, par exemple.

 
Sans doute que d’autres manœuvres suivront, comme celle, par exemple, qui a conduit à l’éviction du conseil syndical du représentant élu d’une commune au motif qu’il est l’un des actifs défenseurs du retour en gestion publique.

 
Tout cela est inquiétant, et l’on peut aussi s’inquiéter du degré de combativité dont fera preuve tel ou tel élu de gauche dans les semaines qui viennent… mais à la différence des années précédentes, un rapport de force s’est clairement exprimé lors de l’élection à la présidence, et que le clivage entre l’orientation de Santini très favorable à la préservation des intérêts du privé, et celle qui s’est affirmée pour une gestion publique a fait irruption dans le débat public.

 
C’est pour cela qu’au-delà des instances où les choses se décideront au final, il va aussi falloir élargir la campagne de sensibilisation des citoyens sur la question de la gestion de l’eau, afin de permettre une implication directe du peuple dans les choix qui seront faits. 

 
Nous connaissons l’orientation politique de Monsieur Santini, secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, qui – avec le gouvernement Sarkozy – est en train de mettre en pièce le service public de notre pays. Il y a donc quelques craintes à avoir dans les mois qui viennent.

Il est sans doute encore possible de faire bouger les lignes au sein du SEDIF. C’est à l’automne que le mode de gestion privé ou public sera choisi. 

En Ile-de-France comme dans tout le pays, la bataille pour la réappropriation par les citoyens et les élus du peuple de ce bien public indispensable à la vie qu’est l’eau ne fait que commencer. Ce sera peut-être une longue marche, mais il faut la poursuivre avec enthousiasme et détermination.

 
Le site de PRS-93 reste l’un des outils à votre disposition pour la mener jusqu’à son terme.

 

Et je vous invite une nouvelle fois à signer la pétition en ligne pour la gestion publique de l'eau potable.

 

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