On a découvert hier, jeudi, le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Lille qui lors d'une affaire opposant deux époux, a reconnu la virginité comme une « qualité essentielle » de la femme avant le mariage.

Le mouvement féministe et laïque s'est immédiatement mobilisé pour dénoncer ce jugement qui pourrait ouvrir une brêche dans le droit français en ce qui concerne - entre autres choses - le principe d'égalité entre les sexes et la laïcité.

Il y en a qui doivent se frotter les mains d'un tel jugement : les fondamentalistes religieux, bien sûr, qui n'en demandaient pas tant pour donner une assise juridique à leurs fantasmes mortifères sur la sexualité féminine (et quelle est donc la "qualité essentielle" d'un homme avant le mariage ?), et pour enfermer à nouveau les femmes dans la prison des préjugés... Mais aussi tous ces apprentis sorciers qui hantent notre République, le président Sarkozy à leur tête, mais recrutant à droite comme à gauche pour importer en France la vision civilisationnelle du monde qui justifiera tous les différentialismes...

Ci-dessous le communiqué de l'Union des Familles Laïque qui pose clairement le problème de cette affaire.




Un tribunal français déclare la virginité «qualité essentielle» de la femme avant le mariage

Par L'UFAL,

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Le tribunal de grande instance de Lille vient de rendre un jugement étonnant : il a considéré la virginité comme une « qualité essentielle » (sic) de la femme avant le mariage.

Un mari avait demandé l’annulation de son mariage au motif que sa femme n’était pas vierge alors qu’elle avait prétendu l’être. Il se trouve que les deux époux sont de confession musulmane. Le tribunal aurait-il tenu compte de la religion des époux pour rendre son jugement ? De deux choses l'une : ou bien le tribunal a été différentialiste et a rendu un jugement discriminatoire, ou bien il faut comprendre que la virginité est devenue une qualité essentielle sur laquelle une future épouse ne doit dorénavant ni plaisanter, ni mentir.

La décision rendue par le tribunal pervertit l'esprit même de cette loi qui avait pour finalité manifeste de protéger les femmes contre les mariages forcés.

Il s'agit d'un précédent : la République, en tant qu'elle est laïque, n'a jamais considéré, ni dans son esprit ni dans sa lettre, que la virginité pouvait être une qualité essentielle d'une citoyenne qui veut librement s'engager dans le mariage, fût-elle musulmane.

Un jugement rendu par un tribunal français est prononcé au nom du peuple souverain, source de la volonté générale, et non pas au nom d'une religion, d'une tradition ou d'un droit coutumier. Dans la même veine anti-républicaine, anti-laïque et anti-féministe, pourquoi ne pas aller jusqu'à blanchir cette coutume barbare qu'est l'excision ?

L’UFAL appelle la représentation nationale et, au-delà d'elle, tous les citoyens, à résister à cette dérive communautariste et à refuser ce jugement : il serait en effet désastreux qu'il fasse jurisprudence.

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