La directive "Retours" vient d’être adoptée par le Parlement européen, sans aucun amendement et à une large majorité, après avoir été négociée dans l’ombre par les ministres de l’Intérieur des 27 Etats membres.

Il s’agit d’une directive autorisant notamment une rétention de 18 mois pour des étrangers en situation irrégulière qui n'ont commis aucun autre crime que celui de représenter un « risque de fuite » ou d’avoir refusé l’expulsion. Cette directive, qui autorise aussi les expulsions de mineurs non accompagnés, condamne les étrangers expulsés à être bannis du territoire européen pendant cinq ans.

Adoptée par 367 voix contre 206 et 109 abstentions, cette décision est le signe de la radicalisation sécuritaire, xénophobe et liberticide de la droite européenne, conduite notamment par le trio Sarkozy-Merckel-Berlusconi.

 
Certes. Mais la droite constituée du PPE-DE et les libéraux de l’ADLE, a reçu l’appui d’une partie de la gauche, puisque les socialistes espagnols et allemands ont voté pour et les travaillistes britanniques se sont abstenus.

Les députés européens du Parti Socialistes français protestent, en tout cas ceux qui parlent, car beaucoup regardent leurs chaussures sans oser critiquer ceux-là mêmes qu’ils acclamaient samedi dernier lors de la Convention Nationale du PS à la Villette.  Samedi, en effet, une dirigeante du SPD allemand, qui gouverne avec la CDU de Merckel (un peu comme si Hollande avait invité Besson ou Bockel pour causer des principes socialistes), est venue insulter la « gauche archaïque » représentée par le Linke (un « parti populiste » selon cette dame) et ces égoïstes  d’irlandais qui ont osé voter Non au Traité de Lisbonne. Evidemment, elle a appelé sous les vivats à la poursuite du processus de ratification du Traité, pour consolider cette Europe Libérale qui vient de montrer son visage avec la directive « retours ».

 
Je viens de lire le communiqué de mon vieux camarade Harlem Désir, député européen, qu’on ne peut soupçonner d’approuver la dérive xénophobe et sécuritaire dans laquelle est engagée l’UE. Harlem Désir fait partie des rares députés européens socialistes  qui dénoncent vigoureusement cette directive, en jugeant que
« la droite européenne vient d'entacher la réputation du Parlement européen » mais en oubliant de préciser le détail des vote mettant en évidence la complicité des principales composantes de la sociale démocratie européenne. Et pourtant, ce soutien des sociaux démocrates allemands, espagnols et britanniques est la conséquence inévitable de leur renoncement  à ouvrir une autre perspective politique pour l’Union Européenne que ce libéralisme absolu.   

 
Avec cette directive de la honte, on voit aussi à quoi peut conduire le rêve social-démocrate auquel aspirent un certain nombre de mes camarades à la veille de l’ouverture du congrès.

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