Signataires du communiqué de presse :


Delphine Beauvois
30 ans – Professeur des écoles.
Ex membre de la Commission administrative du PS Montreuil et de l’Union Régionale du PS-IDF.
Riva Gherchanoc
30 ans – Fonctionnaire territoriale.
Ex membre de la Commission administrative du PS Montreuil et du Conseil Fédéral du PS-93.
Juliette Prados
37 ans – Chef de projet culturel.
Conseillère municipale.
Ndéro Soungadoy
28 ans – Vidéaste
Ex membre de la Commission administrative du PS Montreuil.
Nicolas Voisin
40 ans – Professeur en lycée professionnel.
Ex secrétaire fédéral du PS-93.

Contact : 06 24 39 87 74



Montreuil, le 9 novembre 2008

Les socialistes ont voté jeudi soir dans le cadre de leur congrès national.

A près de 80%, ils ont choisi de placer aux trois premières places des motions issues de la majorité sortante, sur une orientation conforme à celle qui domine la sociale-démocratie européenne : d’accord avec l’Europe du traité de Lisbonne, d’accord avec les alliances changeantes, d’accord avec l’abstention face à la droite, et contre la remise en cause du capitalisme.

La motion de Ségolène Royal arrivant en tête avec 29% des voix, la dérive « démocrate » s’aggrave encore, puisqu’elle assume sans complexe l’alliance avec le centre.

Avec 19% des voix, la gauche du Parti Socialiste réunie au sein de la motion C réalise son score le plus bas de son histoire. En effet, lors des deux derniers congrès en 2002 et 2005, les motions de gauche se présentant divisées réunissaient 37,5% et 45% des voix.

En Seine-Saint-Denis, cette situation de la gauche du PS est encore plus catastrophique puisqu’elle atteint à peine 10% des voix.

Pour nous, animateurs montreuillois de cette motion de gauche, participant à la direction locale et départementale du PS depuis plusieurs années, cela suffit ! Grâce à notre travail militant, notre motion est arrivée largement en tête dans notre section (près de 40%) et nous pourrions prétendre à la diriger… mais nous ne voulons plus servir d’alibi.

Nous ne le voulons plus, en particulier à la veille des élections européennes. Nous savons que le Parti Socialiste, conformément à l’orientation validée à 80%, mènera à cette occasion une campagne conforme à celle du Parti Socialiste Européen, avalisant le traité de Lisbonne en piétinant le Non des Français en 2005, qui dépassait 60% en Seine-Saint-Denis.

Nous ne le voulons plus, lorsque nous constatons au niveau départemental que c’est par 90% des voix que la direction sortante se trouve confortée sur ses orientations, notamment dans sa stratégie de désunion de la gauche lors des dernières élections municipales.

En observant depuis quelques jours les discussions plus ou moins occultes engagées par les dirigeants des différentes motions, nous savons à quelle alternative sont condamnés les militants de la motion de Gauche : soit s’isoler dans une minorité de témoignage inutile, soit participer à la constitution d’une direction dominée par les thèses que nous avons combattues.

Oui, vraiment, cela suffit.

Nous décidons de répondre à l’appel lancé vendredi 7 novembre par le sénateur Mélenchon et le député Marc Dolez. Nous aussi, « nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l’écosystème. (…) Ainsi que nous l’a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d’engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d’un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes. »

Dans toute la Fédération socialiste de Seine-Saint-Denis, parmi les 2301 militants qui se sont exprimés jeudi soir, nous savons qu’ils sont nombreux à partager notre analyse. Déjà, dans tout le département, des dizaines nous ont contactés pour nous signifier leur intention de nous rejoindre. Certains immédiatement. D’autres dans les jours qui viennent, car il faut parfois du temps pour quitter un parti auquel on a consacré toute une vie militante. D’autres encore nous disent qu’ils veulent encore y croire jusqu’au congrès de Reims… sans avoir beaucoup d’illusions sur l’issue.

Dans quelques jours, nous serons en mesure d’établir un bilan au niveau du département, en respectant le choix que feront tous nos camarades – souvent nos amis – du Parti Socialiste.

Mais sans attendre, nous allons nous engager sur l’autre chemin que nous avons pour notre part choisi, pour partir à la rencontre d’une immense attente populaire que nous vérifions chaque jour de notre vie militante depuis des années – dans ce département comme ailleurs – pour une autre voix à gauche. Le 20 novembre prochain, nous organiserons à Montreuil une réunion publique pour expliquer notre démarche.


Il est possible de soutenir cette démarche
en signant un appel mis en ligne sur le site www.casuffitcommeca.fr

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