Par 88 voix contre 54, les élus du Syndicats des eaux d'Ile-de-France (Sedif) ont voté aujourd'hui le maintien au secteur privé de la gestion de l'eau potable. C'est Véolia - bien sûr - qui remporte le marché pour 15 ans.

La bataille engagée depuis plusieurs mois par les défenseurs d'une régie publique est donc perdue.

Pour se rappeler les enjeux de cette bataille, je renvoie mes lecteurs vers ces billets publiés il y a déjà quelques mois... Les chiffres de ce vote montrent clairement que certains élus de gauche ont choisi de voter avec Monsieur Santini pour le maintien de l'emprise des intérêts capitalistes sur ce bien commun de l'Humanité. C'est bien la preuve que seul le suffrage universel pourra trancher au sein de la gauche entre une orientation sociale libérale qui s'accomode de la gestion catastrophique du monde par le marché, et celle qui propose une rupture avec cet ordre libéral pour construire un autre modèle fondé sur l'intérêt général.

Mais cette "guerre de l'eau" va se poursuivre.  Il ne faut pas négliger la réelle avancée que représente la fin du consensus au sein du SEDIF. De même, il ne faut pas négliger la prise de conscience dans la population, avec ces milliers de citoyens qui ont participé aux réunions d'information, qui ont signé des pétitions...

Ce front pour la gestion publique est une base solide qu'il va falloir mobiliser aujourd'hui vers des objectifs à redéfinir.

Au sein du Parti de Gauche, avec un certain nombre d'élus et de militants, nous avons d'ores et déjà entamé cette réflexion, et pour nous, les choses sont claires : il est impensable de se résigner à la décision prise aujourd'hui par le SEDIF. Après tous les incroyables scandales révélés depuis deux ans par UFC Que Choisir et les défenseurs d'une gestion publique sur la tarification et sur les pratiques de gestion au sein du SEDIF, il est impensable de repartir pour 15 années comme s'il ne s'était rien passé.

Très clairement, la question de la pérennité du Syndicat Intercommunal est aujourd'hui posée. Si le fonctionnement même de ce syndicat apparaît en effet comme le verrou interdisant le retour en gestion publique de l'eau et  comme le rempart des intérêts privés de Véolia, alors il va falloir trouver les moyens de remettre en cause la participation des communes qui souhaitent suivre un autre chemin.

C'est donc une nouvelle bataille qui commence.
 


Retour à l'accueil