Un problème informatique a anéanti la note publiée hier (dimanche 18 janvier) à propos de l'Ecole... Je m'en aperçois ce matin, et j'essaie, très rapidement, d'en reconstituer le contenu... on me pardonnera la forme télégraphique de quelques phrases !




Ce week-end était pour moi celui de la mobilisation pour l'Ecole. Vendredi soir à Montreuil, pour une intervention lors d'une "nuit des écoles" organisée, à l'initiative de la FCPE, dans une demi douzaine d'école de ma commune. Samedi pour la manifestation "l'école est notre avenir".

Vendredi soir à l'Ecole Louise Michel

Etrange soirée à l'école Louise Michel (la bien nommée)... Près de 70 parents d'élèves - et une nuée d'enfants - réunis dans le réféctoire des petits de cette magnifique école (la dernière grande réalisation de la municipalité à laquelle j'ai participé...), pour partager un repas et discuter des réformes Darcos.

J'étais invité par le groupe local de la FCPE pour parler de l'enseignement professionnel en tant qu'enseignant au lycée horticole de Montreuil. Mais en écoutant les deux premières intervenantes (une directrice d'école et une responsable RASED) qui avait choisi de placer le débat sur le terrain du contenu plutôt que sur la forme technique des réformes, et considérant aussi le joyeux chaos dans lequel cette discussion devait se dérouler (dans un vacarme indescriptible des enfants que la petite sono ne couvrait que pour les gens assis aux premiers rangs) je me suis dit qu'il fallait peut-être risquer un discours franchement politique, à la hauteur de l'attention des participants... et seul moyen - peut-être - de capter l'attention dans le désordre !

Pari risqué. Mais heureuse surprise. Pendant plus d'une heure, c'est toute la salle qui a accepté de rentrer dans une discussion très dense sur le sens des réformes, et sur les réponses que la gauche associative, sociale et politique se devait de donner pour faire face à l'agression de Sarkozy et préparer la reconstruction de l'école du 21ème siècle...

La journaliste de Rue89 qui était là a bien saisi la densité du débat et en retranscrit fidèlement les aspects dans son papier.

Samedi, on manifeste...


Le lendemain après-midi, j’étais à la manifestation pour la défense de l’école publique contre les mesures mises en place par le Ministre Darcos.


10 000 personnes à Paris, il ne faut pas dissimuler que la participation a été plus modeste que prévue, même si elle n'a rien de ridicule n’a rien de ridicule, mais bien sûr on espérait mieux... Le Parti de Gauche était trés visible durant cette manifestation avec des dizaines de militants qui ont distribué nos tracts.


Il ne nous reste plus qu'à nous concentrer sur la grande journée de grève interprofessionnelle du 29 janvier.

 

Ci-dessous le texte que j'ai écrit dans la lettre de liaison des militants du Parti de Gauche (Vie de Gauche) expliquant les raisons pour lesquelles la bataille pour l'Ecole nous concerne tous.

 



Pourquoi et comment les militants du PG s'investissent dans la grande bataille qui se joue actuellement pour l'avenir de l'éducation, dont l'un des rendez-vous importants est donné le 17 janvier ? Les principaux arguments sont développés dans le tract du PG sur l'éducation disponible lors des manifestations : on y parle des réformes Darcos ; du plan d'ensemble de Sarkozy pour la mise à sac de l'école républicaine, de la maternelle à l'université ; des propositions du PG... J'aurais pu les reprendre et ajouter quelques anecdotes révélant l'activité haletante que nous menons avec les camarades de la direction nationale du PG (François Cocq, Marie Perret et bien d'autres) tâchant comme nous pouvons de coordonner les tâches politiques dans ce secteur en ébullition… Mais pour les militants lecteurs de Vie de Gauche mieux vaut revenir sur les raisons profondes qui doivent tous nous motiver pour faire de cette bataille un enjeu central. Car il faut vraiment prendre la mesure de ce qui se joue aujourd'hui dans l'éducation. D'abord, rappel on s-nous de l'analyse que le Parti de Gauche fait de la crise actuelle ; elle est la conséquence inévitable d'une logique d'accumulation capitaliste des richesses d'un système financier exigeant des rendements de plus en plus vertigineux. Avec la crise qui rend très incertaines les opérations financières, le capitalisme va devoir accentuer sa pression sur l'économie réelle pour maintenir le niveau d'accumulation qui lui est nécessaire- Au niveau mondial, c'est à i 400 milliards d'euros qu'on estime les dépenses annuelles consenties par les Etats pour l'éducation. C'est en Europe que ce secteur est l'un des plus structuré. Insupportable pour les apôtres de la marchandisation que Ton trouve, notamment, à la Commission européenne ! C'est dans ce contexte qu'il faut considérer l'offensive sans précédent du gouvernement contre l'école républicaine de notre pays.

Le plan Sarkozy pour l'éducation, c'est d'abord la logique comptable d'un Etat mis à genou parla crise du capitalisme et qui condamne les services publics : c'est donc la poursuite et la probable accélération de la suppression des postes (50 000 en quelques années et des dispositifs jugés superflus (RASED…)

 

Le plan Sarkozy pour l'éducation, c'est l'ouverture généralisée de l'éducation à la marchandisation, avecla prospérité offensante qu'affichent depuis quelques années les écoles privées (qui perçoivent des financements publics !), avec la prolifération des officines commerciales de soutien scolaire qui profitent insolemment du dénigrement systématique dont l'école publique est victime, jusque dans la bouche même de son ministre ! La marchandisation s'exprime aussi dans la mise en concurrence de l'enseignement professionnel avec les CFA privés qui pullulent, ou encore dans la fin du monopole de l'Etat sur les qualifications qui autorise la grande foire aux diplômes plus ou moins fantaisistes, ou encore dans la mise sous contrôle des groupes industriels des universités et de la recherche.

 

Le plan Sarkozy pour l'éducation, c'est l'agression contre le système public de qualifications qui offre au salarié la possibilité de faire reconnaître socialement son savoir professionnel dans son rapport à l'employeur, et de défendre collectivement son niveau de rémunération (les diplômes sont à la base des grilles des salaires et des conventions collectives).

 

Le plan Sarkozy pour l'éducation, c'est enfin le vieux projet réactionnaire de la droite qui vise à se débarrasser de l'outil républicain de l'émancipation des personnes, hérité des Lumières, qui éduquele citoyen, forme le travailleur et qualifie le salarié. Toute la violence de cette réaction a été exprimée par Sarkozy devant le Pape en décembre 2007, lorsque, recevant le titre de Chanoine de Latran il livrait sa vision selon laquelle « dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ».

 

Voilà donc à quoi nous avons affaire ! Et voilà pourquoi c'est bien l'ensemble des militants du Parti de Gauche, et pas seulement les enseignants et les étudiants, qui doivent s'engager dans cette résistance contre l'agression historique que mène aujourd'hui Sarkozy, et pour l'école républicaine duXXIème siècle que nous (reconstruirons lorsque nous reviendrons au pouvoir. Rendez-vous donc samedi 17 janvier dans les manifestations « l'Education est notre avenir » et dans toutes les batailles qui suivront.

 

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