J’ai appris depuis longtemps qu’en politique, quand les idées sont claires, l’essentiel réside dans l’art de la réalisation : « pourquoi agir ? » est une question à laquelle il est souvent plus facile de répondre que celle qui interroge « comment agir ? ».


Le week-end que je viens de vivre, avec samedi le conseil national du Parti de Gauche à Montreuil, et dimanche le meeting du Front de Gauche au Zénith de Paris, montre qu’une réponse existe aux deux questions. Et cette réponse est désormais disponible pour ces millions de français qui aujourd’hui subissent les effets de la crise du capitalisme, attisée par l’irresponsabilité du gouvernement Sarkozy et l’impuissance d’une « opposition en gants blancs ».


Samedi 7 mars : Conseil National du Parti de Gauche


L’orientation du Parti de Gauche est clairement définie depuis le congrès du début du mois de février, avec l’adoption – deux mois à peine après sa fondation ! – des textes présentant les principaux axes de notre identité politique dans le contexte de la crise : la rupture avec le capitalisme, le plan d’urgence que la gauche peut immédiatement mettre en place, l’Europe, la planification écologique. Autant de textes que l’on peut consulter sur le site du Parti de Gauche.


Quant à la stratégie, elle est elle aussi clairement assumée : c’est celle du Front de Gauche, celle du rassemblement sans exclusive de toute « l’autre gauche », qui a su donner la victoire en 2005 au Non au traité constitutionnel européen.


Le Front de Gauche existe. Il rassemble d’ores et déjà le PCF et le PG, mais va s’élargir assurément à toutes les forces volontaires pour changer résolument la donne.


Le conseil national du PG a validé samedi les candidatures pour constituer les listes du Front de Gauche aux élections européennes du 7 juin. Là encore, le PG assumera toutes ses responsabilités comme force de rassemblement, ainsi, la constitution des listes du Front de Gauche n’est pas close, et nous allons attendre le dernier moment pour déposer officiellement les candidatures, afin de permettre jusqu’au bout la discussion avec tous les partenaires.


Je ne peux m’empêcher – ce matin – de comparer notre démarche à celle des autres composantes de la gauche.


A celle du NPA notamment, qui ce week-end a confirmé sa posture sectaire en rejetant la proposition d’union que nous lui avions faite, provoquant du même coup une première scission en son sein, deux semaines à peine après sa constitution.


Mais aussi à celle du Parti socialiste, qui sombre une nouvelle fois dans la ridicule guerre des places, y compris en Seine-Saint-Denis, avec l’incroyable lettre adressée par le premier secrétaire fédéral Philippe Guglielmi à Martine Aubry, provoquant – dit-on – la colère de son mentor Claude Bartolone. J’ai maintes fois expliqué les raisons qui m’ont poussé à quitter ce parti il y a moins de quatre mois, dès lors, je ne suis pas surpris par le naufrage de ce bateau ivre qui se poursuit depuis le congrès de Reims.


Dans un parti socialiste placé sous la domination directe de la ligne sociale libérale du PSE (comme l’atteste l’adoption du Manifesto), tout aussi incapable que Nicolas Sarkozy d’offrir une réponse à la crise historique du capitalisme tant il a adopté le dogme de l’économie de marché (comme l’atteste sa déclaration de principe), privé d’une direction légitime depuis la farce de l’élection contestée de la première secrétaire, il n’est pas surprenant de voir se déchaîner la seule logique qui reste : celle des grand barons locaux défendant becs et ongles leurs intérêts féodaux.


De Gérard Collomb à Philippe Guglielmi, la liste est déjà longue de ces rebelles de salon, à la plume trempée dans le fiel, préférant se jeter dans les batailles d’appareil plutôt que se mettre au service d’un peuple qui n’en peut plus. « En mille factions nous sommes morcelés, Et tout ce gâchis bout dans la même chaudière, Chaos indébrouillable, étrange pétaudière » écrivait le poète Amédée Pommier dans ses Colères. Comme un nombre grandissant des gens de gauche de mon pays, je ne suis plus en colère contre ce parti socialiste qui s’offre ainsi en spectacle : je fais autre chose avec les femmes et les hommes de bonne volonté.


Les délégués m’ont fait l’honneur de me choisir pour représenter le PG parmi les candidats de la Seine-Saint-Denis, avec Hayat Dhalfa, maire adjointe PG de Saint-Ouen. Ci-dessous, le communiqué de presse que nous avons signé ce matin ensemble, et qui définit le sens que nous comptons donner – pour notre part – à la campagne électorale.


Dimanche : meeting du Front de Gauche au Zénith


Pour le compte rendu, il faut aller sur le site du Front de Gauche (et s’inscrire au comité de soutien !). Je me contenterai de souligner l’émotion avec laquelle j’ai entendu mon ami Christian Piquet – figure historique de la Ligue Communiste Révolutionnaire – annoncer la décision d’une partie du NPA de rejoindre le Front de Gauche. Ce nouveau renfort qui en annonce d’autres, acclamé par les 6000 militants rassemblés au Zénith montre que la dynamique unitaire du Front va encore avancer.


Avec 6000 citoyen-ne-s rassemblé-e-s dans cette salle, ce n’est donc pas à son « Zénith » que le Front de Gauche se trouvait hier après midi : le soleil va encore monter !



 




Communiqué de Hayat Dhalfa et Nicolas Voisin

Candidats Parti de Gauche pour le Front de Gauche en Seine-Saint-Denis

 

 

Le Conseil National du Parti de Gauche qui s’est tenu à Montreuil le 7 mars 2008 a validé les candidatures des militants disponibles pour constituer les listes du Front de Gauche qui se présenteront aux élections européennes du 7 juin 2009. C’est dans ce cadre que les délégués du CN du nous ont fait l’honneur de retenir nos deux candidatures issues du département de la Seine-Saint-Denis pour la circonscription Ile-de-France.

 

Dans le contexte de crise historique du capitalisme, qui frappe avec tant de violence les populations et le tissu économique de la Seine-Saint-Denis, nous sommes pleinement conscients des enjeux de ces élections et des responsabilités qui vont être les nôtres. Pour nous, cette campagne électorale s’est ouverte dimanche 8 mars 2009 avec notre participation au formidable meeting du Zénith de Paris, rassemblant 6500 personnes, dont une part importante de citoyens de notre département, sympathisants et militants de toutes les sensibilités de la gauche : du PCF, du Parti de Gauche, du NPA, des Alternatifs, des écologistes de gauche, du mouvement syndical et associatif.

 

Le Front de Gauche peut changer la donne.

 

Nous sommes convaincus que le Front de Gauche peut être saisi dans les semaines qui viennent par une majorité de nos concitoyens comme l’outil de l’insurrection civique que nous appelons de nos vœux pour sortir démocratiquement de la crise du capitalisme et de la catastrophe écologique.

 

Nous savons que – comme dans tout le pays, en métropole et dans les DOM – le peuple de Seine-Saint-Denis est disponible :

 




 

Face à Sarkozy qui a trahi la souveraineté du peuple en imposant le Traité de Lisbonne par la force et avec la complicité de parlementaires socialistes et écologistes, face à ce gouvernement de droite qui abandonne la population à la crise qu’il a lui-même préparée, face à cette Europe libérale qui interdit toute autre politique que celle qui conduit directement à la faillite, nous proposons à nos concitoyens de faire de l’élection du 7 juin un double référendum :

 

Un référendum contre le Traité de Lisbonne et pour changer d’Europe

Un référendum contre Sarkozy et pour changer de gouvernement

 

Avec le Front de Gauche, la victoire du peuple est possible !

 

 

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