Je suis en grève aujourd'hui. Doublement mobilisé, en tant qu'enseignant, et en tant que parent d'élève...Ci-dessous le communiqué de presse publié hier par le collectif constitué autour du Collège Eluard à Montreuil (où ira mon petit l'an prochain...) pour le maintien du Réseau d'Education Prioritaire. Cela fait deux mois que les profs et les parents se démènent (j'y participe autant que possible).

 

 


 

 

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Communiqué de presse - collège Paul Eluard - Lundi 2 février 2015, Montreuil, Seine-saint-Denis

 

Demain, mardi 3 février, nous parents d'élèves du collège Paul Eluard et des 6 écoles primaires et maternelles exclus de la nouvelle carte de l'éducation prioritaire seront aux côtés des enseignants lors de la manifestation parisienne pour dénoncer l'incroyable incurie du gouvernement en matière d'éducation.

Nous, parents, soutenons totalement les grévistes du collège et des écoles car il est plus que temps de remettre au centre des débats les choix incohérents du gouvernement dans la refondation de l'éducation prioritaire.


Nous marcherons ensemble, avec les autres établissements exclus du REP, et nous nous retrouverons en Assemblée Générale pour explorer des pistes d'actions communes.


Nous sommes déçus de voir que l'on sanctionne toute une communauté (enseignants, parents) parce que nous avons réussi à faire vivre la mixité tant souhaitée par les responsables administratifs et politiques.


Nous sommes déçus de voir que cette mixité appelée de ses vœux par l'ensemble de la classe politique devienne le prétexte d'une suppression de moyens.


Nous sommes déçus que les discours de bonnes intentions de la part de notre gouvernement ne se concrétisent pas par des engagements clairs et pérennes.


Nous n'avons pour l'instant aucune garantie sur ce que sera l'avenir du collège Paul Eluard et de ses 6 écoles rattachées. 


Nous sommes inquiets et en colère des conséquences multiples que cette sortie du REP, et la perte des moyens qui vont avec, entrainera sur les familles, sur nos enfants. Nous savons, parce que nos enfants fréquentent ces écoles, qu'elles fonctionnent déjà avec le strict minimum et que les moyens dont elles disposent suffisent à peine.


Nous savons que le Réseau d'aide aux enfants en difficulté (RASED) est déjà contraint de refuser la moitié des demandes de prises en charge; que certains projets pédagogiques ne reçoivent des financements uniquement parce que l'école a le label REP; que l'accompagnement éducatif, financé par le REP, permet à des enfants de pratiquer une activité gratuitement; qu'il y a une différence entre une classe à 25 pour les plus chargées et une classe à 29 ou 30 quoiqu'en disent nos responsables administratifs et politiques qui devraient venir dans nos écoles pour s'en rendre compte.


Nous savons que chaque année, les enseignants doivent se battre pied à pied pour conserver telle ou telle option, que le REP n'est déjà plus depuis longtemps une garantie de la pérennisation des moyens.

Nous savons que la perte des moyens du REP signifie pour tous la dégradation des conditions d'enseignement et qu'il ne faut pas avoir fait l'ENA pour s'en rendre compte : "moins" c'est "moins" et pas "autant" ou "mieux".


Nous savons déjà que dès la rentrée prochaine, conséquence directe de l'annonce de la sortie du REP du collège et des écoles, de nombreuses familles ont pris leurs dispositions pour inscrire leur enfant dans des établissements privés ou à Paris.


Nous avons la preuve que l'administration a pris sa décision de sortir le collège Paul Eluard du REP en se basant malheureusement sur des chiffres erronés et que pour un des quatre critères retenus pour évaluer les établissements (pourcentage des élèves en ZUS, redoublants, boursiers et catégories socio-professionnelles défavorisées), celui des catégories socio-professionnelles défavorisées, il y avait un écart de 10 points entre la réalité et leurs chiffres. Nous continuons de demander pourquoi, alors que ce critère est manifestement le plus relevant pour l'administration, il y a 16 établissements classés REP dans l'académie qui ont des taux inférieurs aux nôtres.


La mobilisation massive dans laquelle nous nous sommes engagés en novembre dernier n’est, pour nous, pas terminée, et nous sommes prêts à la poursuivre avec toute la force nécessaire, en organisant, à nouveau, si nécessaire, des journées écoles désertes et des blocages des établissements du secteur. Nous continuons de demander des garanties précises et détaillées sur les moyens que le rectorat pourraient vouloir accorder au collège et à TOUTES les écoles de son réseau. Nous continuons de demander la réintégration du collège Paul Eluard et de ses 6 écoles dans le REP, ainsi que de tous les autres établissements exclus qui subiront de plein fouet les conséquences de décisions absurdes.

 

Nous ne nous résignons pas.

 

Les parents du collège Paul Eluard, des écoles maternelles Dolto et Marceau, des écoles élémentaires Voltaire, Françoise Héritier et Paul Bert.

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