La semaine dernière, je répondais à une mise en cause particulièrement brutale et mensongère dont j’étais l’objet dans le « journal » des verts de Montreuil. En conclusion de ce droit de réponse, je promettais à mes lecteurs d’illustrer avec quelques exemples comment cette mouvance – qui se retrouve mobilisée autour de Dominique Voynet pour l’élection municipale – avait introduit au sein de la gauche montreuilloise une violence politique « en gants blancs » très petite bourgeoise, inconnue jusqu’alors dans cette ville. Certes, le débat à gauche n’y a jamais été particulièrement tendre, et les couloirs de la mairie résonnent encore des légendaires disputes de Marcel Dufriche (maire PCF jusqu’en 1983) et Georges Verry (1er maire adjoint socialiste de cette municipalité). 

Mais depuis la fin des années 1990, on a découvert au sein de la gauche montreuilloise une nouvelle façon de concevoir la confrontation, sans doute délicieusement moderne diront certains, fondée sur une défiance haineuse à l’égard des représentants du mouvement ouvrier historique et des institutions républicaines.  

La semaine dernière, donc, j’annonçais la publication d’un florilège des incessantes attaques fielleuses dont j’ai personnellement été la cible en tant qu’élu municipal et responsable socialiste depuis des années, dans cette publication vénéneuse qu’est Le Poivron.

Je me suis plongé dans mes archives. Et j’ai remis la main sur des documents étonnants, qui, relus plusieurs années plus tard dans la tourmente de cette campagne électorale de 2008, éclairent d’un jour nouveau les orientations politiques développées aujourd’hui et les pratiques pour parvenir à les imposer. Il n’y a rien d’empirique dans l’attitude de Dominique Voynet et de ses alliés. Depuis plusieurs années, c’est avec méthode et obstination que cette mouvance prépare l’affrontement violent qui en surprend plus d’un aujourd’hui.

A la lecture de ces textes remontant au début des années 2000, j’ai acquis la certitude que ce sont les bases mêmes de l’identité politique et culturelle montreuilloise qui sont en danger aujourd’hui : notamment la conscience sociale de cette ville, l’empreinte du mouvement ouvrier, le républicanisme, la Laïcité…

Rédigé pour l’essentiel par un seul et unique rédacteur, Patrick Petitjean (se dissimulant sous plusieurs pseudonymes), Le Poivron est bien plus qu’un bulletin d’information de l’activisme militant des verts. Il est la base de référence idéologique de cette mouvance.

Car Patrick Petitjean est un idéologue. Ce n’est pas à mes yeux un défaut. Contrairement à l’empirisme très opportuniste d’un certain nombre de ses colistiers (je pense notamment aux dissidents « socialistes » Mouna Viprey et Manuel Martinez), lui, s’emploie à donner beaucoup de sens à chacune de ses analyses et à chacun de ses actes. C’est ainsi que Patrick Petitjean aime forger des concepts. C’est ainsi que pour me caractériser, il me désigne depuis le début du mandat comme le « mélenchiste », chef de file d’un « proto-parti » que serait à ses yeux l’association PRS que je préside dans le département.

Au-delà des intentions malveillantes de ces appellations dont il me gratifie – qui m’amusent plutôt qu’autre chose – je sais gré à Patrick Petitjean de décrire ainsi ses intentions, qu’il développe avec tant de méthode et de régularité dans une sorte de corpus théorique permettant de savoir d’où il vient, de quel balcon il parle, et où il veut nous emmener.

Je vais donc tâcher, dans les jours qui nous séparent du vote du 2ème tour, de trouver les heures nécessaires pour rédiger quelques notes de lecture sur mes trouvailles dans le Poivron qui permettront d’éclairer – je l’espère – une partie des enjeux de cette élection municipale montreuilloise.

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Note n°1 

 

La liste de Dominique Voynet et la question Laïque

 

On sait que Jean-Pierre Brard est un élu de la République s’illustrant en tant que maire et en tant que député pour une défense très active de la Laïcité, avec une action spécifique sur les sectes.

 

Dans leur entreprise de dénigrement systématique de la personnalité politique de Jean-Pierre Brard, il était évident que Patrick Petitjean, Le Poivron et les Verts montreuillois s’attaquent à ce sujet. Mais les attaques contre l’action laïque du député-maire sont loin de se limiter à de simples persiflages de telle ou telle initiative. Elles révèlent en réalité une critique très élaborée de la Laïcité et depuis plusieurs années… Patrick Petitjean et moi-même nous sommes affrontés plusieurs fois sur cette question.

 

 

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    Les amis de Dominique Voynet pour une « Laïcité ouverte », comme Sarkozy est pour une « Laïcité positive »

     

 

Ainsi, en mars 2004 dans Le Poivron n°59, je me trouvais mis en cause parce qu’en tant que maire adjoint chargé de la Vie Associative, je m’étais opposé à la publication dans le journal municipal Montreuil Dépêche (nommé systématiquement La Pravda municipale par notre idéologue) d’une annonce invitant à un « Café Théologique » organisé à la Maison Ouverte.

Voici l’article signé « PP » suivi de ma réponse.

 

Le Poivron n°59 (mars 2004)

Le café théologique fait peur

 

La Maison Ouverte organise régu­lièrement des cafés théologiques. Faire annoncer ces réunions dans le journal municipal, à l'instar du café philo ou du très municipal « centre d'études du fait religieux – CEFR » relève du parcours du combattant.

Dans une lettre au maire et aux élus, la Maison Ouverte s'étonne qu'en janvier 2004, le journal muni­cipal ait modifié l'annonce : d'une part, le café théologique a été trans­formé en « dîner philo », d'autre part, la présentation a été réécrite.

Le mois suivant, une nouvelle annonce a été transmise pour le café théo du 6 février 2004. Celui-ci a cette fois pour objet une réflexion sur l'enseignement de la bible aux enfants dans les écoles d'un point de vue culturel. Une responsable de Montreuil Dépêche Hebdo a fait part, lors d'un contact téléphonique, d'un avis défavorable de Monsieur Nicolas Voisin maire adjoint chargé de la vie associative pour la parution de cette annonce et a invité l'association à contacter celui-ci pour en discuter.

La Maison Ouverte « ne comprend pas cette invitation à la discussion et s'étonne de ces pratiques qui constituent des formes de censure. Le journal de Montreuil Dépêche n'est-il pas un organe d'information pour les habitants de Montreuil, de projets et activités, notamment associatives, qui se déroulent sur son territoire ? En quoi des annonces de réflexions théologiques abordées d'un point de vue philosophique et culturel sont-elles l'objet d'un scandale tel qu'il faille les détourner ou le censurer ? »

L'association Maison Ouverte à Montreuil se veut, sur la base d'une laïcité ouverte, telle que les protestants ont pu la promouvoir en France, un lieu de réflexion critique et de solidarités concrètes. La municipalité entend-elle garder le monopole de la réflexion sur les religions avec son CEFR ?

                                                                                                                                 PP

 

Et voici donc des extraits de mon courrier de réponse, adressé à la rédaction du Poivron le 8 mars 2004.

 

Chers amis du « Poivron »

[…]Pour la deuxième fois en quelques mois, au détour d’une de ces phrases sibyllines dont PP se fait le spécialiste, il a été benoîtement suggéré que le maire-adjoint socialiste que je suis s’emploie à entraver la liberté d’expression. Rien de moins…

A quelle censure me suis-je donc livré pour être ainsi accablé de cette infamante accusation ? Je me suis opposé courant janvier – en tant qu’élu de la Commune – à la publication dans l’hebdomadaire de la Municipalité de l’annonce d’un « Café Théologique » organisé à la Maison Ouverte», sous la responsabilité du Pasteur de l’Eglise Réformée de Vincennes-Montreuil, pour débattre de la place de la Bible à l’Ecole.

Votre chroniqueur PP – je ne sais par quel canal – a été destinataire d’un courrier de protestations, signé conjointement par la Présidente de la Maison Ouverte et ledit Pasteur, daté du 25 janvier 2004,  adressé au député-maire, et dont j’ignorais pour ma part l’existence jusqu’à ce qu’un ami m’informe du pamphlet publié contre moi dans le dernier « Poivron ».

Je l’affirme clairement : si la situation devait se représenter, si une demande de publication concernant un débat théologique de cette communauté religieuse ou d’une autre devait parvenir à la Maison des Associations, j’agirai de même. Et cela au nom du principe laïque du fonctionnement de notre communauté légale et républicaine.

C’est néanmoins sur la base de cette décision ordinaire et responsable que PP fait de moi un censeur liberticide. Il se trompe gravement.

Car, au delà de l'affront qu’il me fait, en lançant à la légère une telle sentence, il juge utile de m’opposer la notion inconsistante de « laïcité ouverte ». Ce faisant, PP apporte sa contribution à une confusion dont les conséquences sont bien connues. Ouverte ? Fermée ? A demi ? Au trois quarts ? Complètement ? Où s’arrêtera cette surenchère ? Et à quoi peut-elle bien conduire, sinon à désorienter par une cacophonie déconcertante un nombre grandissant de nos concitoyens au sujet d’une valeur acquise et établie de hautes luttes dans notre République ?

Mais dans l’article, PP marche un pas plus loin dans son erreur en se risquant à faire porter non pas par lui même, mais par les protestants de France cette notion fumeuse de « laïcité ouverte ». Grossière méprise ! Libre penseur, convaincu d’athéisme, je ne me permettrai pas pour ma part de parler à la place des protestants, mais j’affirme comme Paul Bert il y a un peu plus d’un siècle que la Laïcité est – entre autres choses – la meilleure protection des religions minoritaires. Et – m’intéressant à l’histoire de mon pays – je pense que les protestants de France le savent peut-être mieux que d’autres. Il n’existe donc pas de Laïcité ouverte ou fermée. Il n’y a qu’une Laïcité. Une et Indivisible. Et c’est faire injure à la mémoire de ces admirables républicains, fondateurs de la pensée laïque, protestants par ailleurs, que furent Ferdinand Buisson, Jules Steeg ou Félix Pécaut, que d’affubler de quelque adjectif que se soit la Laïcité.

Militant pour une Gauche unitaire sur les valeurs qui la rassemble, et cherchant à m’inscrire dans un débat positif au sein de ce que considère comme ma famille politique, je refuse la tentation facile de jeter l’opprobre sur l’auteur de ce malheureux papier publié par le « Poivron ». Je me bornerai à déplorer cette accumulation d’erreurs du décevant pamphlétaire de votre journal écologiste. Je regrette ainsi qu’il ait jugé opportun de détourner à des fins polémiques un courrier qui ne le concernait pas, qu’il ait accusé à la légère un élu républicain de gauche de censure liberticide, qu’il se soit imprudemment aventuré dans le concept obscur de la « laïcité ouverte », qu’il ait prêté ce concept aux protestants de France qu’il ne saurait représenter. Je constate amèrement que, pour faire argument à l’occasion de cette campagne électorale, l’on persiste, à Montreuil comme ailleurs, à exploiter la fibre religieuse ou communautaire. Je pensais que PP ne mangeait pas de ce pain là, comme il a pu le montrer autrefois… Je veux croire à une divagation qu’il saura corriger.

J’ignore ce que votre rédaction décidera de faire de cette lettre. Sachez que ce n’est pas un droit de réponse que je vous réclame, c’est un devoir de réplique que je m’impose lorsque je vois les miens s’égarer, et de riposte lorsque je me sens attaqué dans ma dignité d’élu républicain et de militant socialiste. Car je ne me résigne pas à laisser la Gauche renoncer aux principes qui la fondent, et je sais que laisser un outrage sans objection, c’est accepter de vivre avec la tâche qu’il laisse.

 

Restez assurés, chers amis du Poivron, de mes fraternelles salutations, socialistes et républicaines.

Nicolas Voisin

 

A la relecture de ma lettre, j’avoue être dubitatif – rétrospectivement – sur les efforts que je déployais pour essayer de convaincre ceux que je considérais avec tant de foi comme « les nôtres ». Il faut noter qu’aucun passage de mon droit de réponse n’a jamais été publié… conformément à l’esprit très « démocratique » qu’affiche si bruyamment cette mouvance.

Je ne savais pas, à l’époque, que ce que je disais alors au sujet de ce concept fumeux de « Laïcité ouverte » serait 4 années plus tard repris à son compte par ceux qui, Nicolas Sarkozy en tête proclamant l’avènement d’une « laïcité positive », ont décidé au plus haut niveau de l’Etat Français d’en finir avec la loi de 1905 (lire là-dessus le dernier livre de Mélenchon).

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    Les amis de Dominique Voynet pour le port du voile à l’école

     

Quelques mois plus tard, en octobre 2004 Patrick Petitjean a également théorisé dans le Poivron (n°64) son soutien au collectif « une école pour tou(te)s » au moment du débat et de l’adoption à l’unanimité de l’assemblée nationale de la loi sur les signes religieux à l’école.

En septembre 2004, ce collectif pro-voile impulsé par ce que l’on appelle parfois la mouvance « islamo-gauchiste » organisait à Montreuil (comme dans de nombreuses villes de la région parisienne) une réunion publique sous le titre inadmissible : « comment s'opposer à la loi discriminatoire sur le voile ».

Delphine Beauvois, militante socialiste, féministe et laïque (dont chacun sait à Montreuil qu’elle est aussi ma compagne…) présidait à l’époque le comité local de l’Union des Familles Laïques - UFAL et avait pris l’initiative d’organiser dans l’urgence une « contre-manifestation » le même soir que celle du collectif pro-voile.

Soixante personnes environ ont participé à cette réunion laïque, qui s'est déroulée sans incident et a donné lieu à un débat passionnant, animé par des responsables d'associations laïques nationales (UFAL, Ni Putes - Ni Soumises, Coordination Féministe et Laïque), départementales (Africa 93) et locales (Maison des femmes, Taferka, les Maliens de Montreuil...). Ce débat a permis à l'assistance de mieux comprendre les menaces qui pèsent sur la laïcité à cause de la mondialisation libérale, les enjeux de la défense de la laïcité à  l'école pour garantir l'égalité des droits à l'éducation, l'importance de l'application de la loi laïque sur l'interdiction des signes religieux. Elle a aussi permis de mieux répondre aux diverses manipulations et provocations autour des (rares) affaires de foulard dans certains établissement scolaires, le collectif « une école pour tou(te)s » participant activement à ces manipulations suspectes, rassemblant d'authentiques activistes de l'islam politique, et certains militants d'extrême gauche.

Fort heureusement, ce collectif a perdu de son audience, mais il n’est pas impossible qu’à la faveur de l’orientation du président Sarkozy il retrouve de la vigueur.

Patrick Petitjean, en conformité avec sa conception de la « Laïcité ouverte », a participé à cette assemblée et a largement ouvert les colonnes du Poivron pour un compte rendu très hostile à la Laïcité et aux droits des femmes signé d’un des activistes du collectif, accompagné d’un article furieux sous sa propre signature.

 

Le Poivron n°64 (octobre 2004)

Un Collectif débattu
 

Le Collectif national "une école pour tou(te)s" a porté un "non de gauche" à la loi sur le voile au moment où elle était débattue. Le Collectif s'est inscrit explicitement dans la tradition des luttes féministes et des luttes pour les droits de l'homme. Il a eu ainsi le soutien de la Ligue des droits de l'Homme, du Cedetim (la plate forme du Collectif est sur son site), de militants d'extrême-gauche et des Verts.

Assez curieusement, le meeting de Montreuil a suscité une "contre-manifestation" de la part de l'UFAL (Union des Familles Laïques) dont une section s'est créée à Montreuil il y a quelques mois. Un contre débat a été organisé contre "l'offensive des fondamentalistes religieux". Certains de ses membres ont présenté le meeting du Collectif comme une "invasion de barbus", voire de "fascistes". Une vraie campagne haineuse. Dans la foulée, le maire a interdit, dans un arrêté le 30 septembre, un défilé de mode pour femmes musulmanes qui aurait dû se tenir début octobre à Montreuil... Bonjour l'arbitraire et les discriminations.

Sur un autre registre, il reste que la question de "comment lutter contre les effets de loi", maintenant qu'elle a été votée, suscite des discussions, et les réponses apportées par le Collectif font débat. Le Collectif semble plus divers qu'à ses origines. Le Poivron aura sans doute l'occasion de revenir là-dessus.

Patrick Petitjean

 

Delphine Beauvois a immédiatement adressé au Poivron un droit de réponse, qui lui non plus n’a jamais été publié dans ce modèle de tribune démocratique. En voici quelques extraits.

Droit de réponse à deux articles publiés dans « le Poivron »

[…] Aussi, quelle n'est pas ma surprise lorsque je découvre dans le deuxième article du Poivron, sous la signature de Patrick Petitjean, une violente attaque contre l'UFAL que je préside, dont les membres se trouvent accusés d'avoir tenu, le soir de notre réunion du 15 septembre, des propos injurieux, signes de l'engagement d'une « campagne haineuse » contre une « invasion de barbus ».

L'auteur de cet article invente ces injures qu'il nous prête. Il n'était d'ailleurs pas présent à notre réunion laïque (puisqu'il avait choisi d'aller soutenir celle du collectif) et les soixante participants peuvent en témoigner. Pourquoi ment-il ainsi sinon pour salir notre association, pour dénigrer les positions laïques et pour justifier son soutien aux défenseurs du port du voile islamique à l'école?

Jeune institutrice de 26 ans, engagée dans le combat laïque et féministe parce que je crois que ces valeurs sont menacées, je suis atterrée par cette méthode diffamatoire, que je trouve d'autant plus inadmissible quand elle est portée par une personne qui a prétendu à plusieurs reprises assumer des responsabilités électives dans le cadre de la République, sous l'honorable étiquette écologiste.

Je suis également choquée d'apprendre par l'intermédiaire de cet article brutal le jugement de ce rédacteur du Poivron sur l'activité laïque que j'essaie de coordonner.  Il me connaît pourtant, puisque nous nous sommes croisés régulièrement à l'occasion de diverses manifestations dans la ville (le Forum Social Local, par exemple). Il peut facilement me joindre et nous avons été à quelques mètres l'un de l'autre toute une journée, lors de la journée montreuilloise des associations du 2 octobre. Mais ce n'est visiblement pas le débat argumenté qu'il recherche ainsi, c'est une polémique mensongère outrageante, et... menée à distance.

[…] En réagissant comme ils l'ont fait à la provocation pro-voile du 15 octobre dernier, en s'insurgeant début octobre contre un « défilé de mode musulmane » interdit aux hommes et présentant des femmes voilées, les militants laïques de Montreuil n'ont fait que leur devoir de citoyens engagés dans la défense de la laïcité qui semble aujourd'hui gravement malmenée. Car il s'agit pour eux d'une  valeur fondamentale pour la paix civile dans la République, préservant les consciences individuelles, garantissant l'égalité des droits pour tous contre les discriminations communautaires, raciales ou religieuses, par la séparation des églises et de l'Etat et la distinction entre la sphère privée et la sphère publique.

 

Delphine Beauvois

 

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    Les amis de Dominique Voynet et « la tentation du vote communautaire »

     

On le voit dans ces deux exemples, l’entourage de Dominique Voynet a un rapport très ambigu avec le principe de Laïcité. Et la liste qu’elle présente pour contester la municipalité de la gauche unie, républicaine, sociale et laïque conduite par Jean-Pierre Brard accueille un certain nombre de personnalités qui se sont illustrées plusieurs fois dans la critique ouverte de ce principe fondateur de la République.

On constate également que dans cette affaire, ce n’est pas seulement la personnalité du maire qui est violemment mise en cause. Il s’agit bien d’une divergence politique profonde avec l’attachement à la Laïcité de cette municipalité, et des forces vives de la ville de Montreuil.

Il faut conclure cette note par un dernier document particulièrement inquiétant sur la nature très équivoque de la mouvance politique qui entoure la sénatrice verte dans la liste présentée à la municipale.

Je n’ajouterai aucun commentaire à l’article rédigé par Patrick Petitjean en avril 2003 dans le Poivron n°50, sinon pour préciser que toutes les personnalités citées dans ce document sont acteurs de premier plan des élections locales en mars 2008 : Mouna Viprey est aujourd’hui, avec Manuel  Martinez et Patrick Petitjean, partie prenante de la liste conduite par Dominique Voynet ; Ali Zreik, aujourd’hui membre de l’UMP, a été candidat de ce parti à l’élection cantonale dans le canton Nord.

 

Le Poivron n°50  (avril 2003)

La tentation du vote communautaire

Quelques jours avant le premier tour de la législative partielle, des milliers d'habitants de Montreuil ont reçu une lettre les appelant à voter pour Ali Zreik, candidat à cette élection. La lettre venait d'un "collectif des citoyens musulmans montreuillois", regroupant 3 associations animant les principales mosquées de la ville (Boissière, Al Ghadir à La Noue, et Croix de Chavaux). Chaque alinéa de la lettre mentionne une "bonne raison" de s'opposer à J.-P. Brard, accusé de "mépriser les musulmans". En juin dernier, ils avaient reçu une lettre semblable... mais appelant en conclusion à voter pour Mouna Viprey et le PS : même origine, mais sans le mot "citoyens" dans le titre, et pas de mention explicite des trois associations; plusieurs des alinéas sont même identiques.

En juin dernier, deux des associations avaient rencontré le même samedi, mais l'un après l'autre, le candidat des Verts et celle du PS. Les rencontres avaient eu lieu dans une salle du centre cultuel et culturel de La Noue, à l'invitation... d'Ali Zreik, responsable de l'association Al Ghadir, animatrice du lieu. Il a été proposé à l'un, puis à l'autre, d'endosser un texte auquel ne manquait que la conclusion : voter Patrick Petitjean, ou voter Mouna Viprey. Les Verts ont refusé, pour deux raisons : un texte sans propositions positives (par exemple l'égalité de traitement entre les religions, la solidarité interculturelle, etc), mais un amalgame de critiques, sans rapport les unes avec les autres, contre Brard; l'utilisation d'un fichier "ethnique" de 3.000 noms, obtenus en relevant sur les listes électorales ceux à consonance arabe ou africaine. Le PS a accepté d'endosser l'opération, ce qui s'est traduit par la lettre sus-mentionnée de juin dernier appelant à voter Mouna Viprey. A cette même élection, Ali Zreik était assesseur du candidat de droite dans le bureau de vote à Pablo Picasso... Le résultat d'Ali Zreik le 16 mars (500 voix, malgré sa tentative de se présenter comme la réincarnation de Mouna Viprey) a montré la quasi inexistence d'un vote communautaire à Montreuil, très loin des 3 000 voix que ces associations prétendent porter dans les élections. Brard est certainement rejeté par une partie des citoyens musulmans, mais ces derniers votent, comme tout le monde, selon des clivages politiques plus que religieux.

Patrick Petitjean

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